Côte d’Ivoire : autorisation de retour pour le tambour parleur après 110 ans
Le tambour sacré Djidji Ayôkwé, récemment remis par la France à la Côte d’Ivoire, se prépare à quitter le territoire français. Après la restitution officielle intervenue le vendredi 20 février, une cérémonie traditionnelle s’est déroulée lundi 23 février en fin de matinée au musée du Quai Branly, lieu de conservation de l’instrument.

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L’assemblée rituelle avait pour objet d’accorder la permission spirituelle nécessaire au déplacement du « tambour parleur ». Selon les usages coutumiers, ce type de rite comporte des invocations et des gestes symboliques destinés à assurer la protection de l’objet pendant son voyage et son retour dans sa communauté d’origine.
Des chefs coutumiers bidjans ont fait le déplacement jusqu’à Paris pour présider à ces cérémonies. Leur présence visait à sceller, selon la tradition, l’accord entre la communauté détentrice de l’objet et les autorités culturelles en charge de sa conservation provisoire.
La remise du Djidji Ayôkwé, intervenue trois jours avant le rituel, est perçue comme une étape forte dans le processus de restitution des biens culturels ivoiriens gardés à l’étranger. Le passage par le musée et la tenue du rite traduisent à la fois une formalité administrative et un acte de réappropriation culturelle.
La cérémonie au Quai Branly
Au Quai Branly, le rituel s’est déroulé devant l’instrument, dans un cadre mêlant solennité et respect des prescriptions culturelles. Les acteurs traditionnels ont expliqué que seule une autorisation rituelle pouvait garantir que le tambour voyage sans porter de préjudices ni à la communauté, ni à l’objet lui‑même.
Le Djidji Ayôkwé occupe une place centrale dans la mémoire et la pratique des Bidjans : outre sa fonction rituelle, il est considéré comme un vecteur d’identité et de transmission. Son retour symbolise donc, pour de nombreux responsables culturels, une réparation et une reconnaissance du patrimoine immatériel associé à l’instrument.
Avec l’autorisation désormais donnée, les préparatifs logistiques en vue du rapatriement effectif peuvent se poursuivre. Les chefs traditionnels et les équipes du musée continueront de coordonner les étapes suivantes afin d’assurer la prise en charge et le transport du tambour vers la Côte d’Ivoire.

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