Burkina Faso suspend sa participation à un organe judiciaire francophone

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du Burkina Faso a annoncé, le 15 décembre 2025, la suspension de sa participation au Réseau francophone des conseils de justice (RFCMJ), organisation basée au Québec qui réunit des conseils judiciaires de pays francophones pour définir des standards communs. Cette décision, prise à l’issue de la première séance du CSM pour l’année 2025, intervient dans le contexte d’une rupture plus large affichée par Ouagadougou vis‑à‑vis des structures liées à la Francophonie. Le CSM, qui faisait partie du bureau du RFCMJ aux côtés de la France, du Québec, du Liban et de la Guinée, a formalisé son retrait opérationnel en invoquant des motifs liés à la souveraineté nationale. ([peoplesdispatch.org](https://peoplesdispatch.org/2025/12/18/another-break-from-francafrique-burkina-faso-suspends-participation-in-francophone-judicial-body/?utm_source=openai))

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Le président burkinabè, Ibrahim Traoré, a abordé la question lors de l’ouverture de la réunion du CSM, en liant les décisions récentes du gouvernement à des « réalités géopolitiques » et aux défis sécuritaires pesant sur le pays, notamment la présence et les activités de groupes armés que les autorités attribuent à des interférences étrangères. Dans son allocution, il a insisté sur la nécessité pour les institutions nationales de s’adapter aux transformations du paysage international et sur l’importance d’assurer l’indépendance du système judiciaire face à ces pressions. ([peoplesdispatch.org](https://peoplesdispatch.org/2025/12/18/another-break-from-francafrique-burkina-faso-suspends-participation-in-francophone-judicial-body/?utm_source=openai))

Adama Ouédraogo, président du CSM, a expliqué aux membres du conseil que la suspension de participation au RFCMJ découle du retrait du Burkina Faso de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), décidé plus tôt en 2025 avec ses partenaires de l’Alliance des États du Sahel. Le CSM a qualifié le réseau francophone de « plate‑forme » dépendante, selon ses termes, d’orientations politiques extérieures, et a placé la décision dans la logique des choix diplomatiques et institutionnels récemment engagés par l’exécutif. ([peoplesdispatch.org](https://peoplesdispatch.org/2025/12/18/another-break-from-francafrique-burkina-faso-suspends-participation-in-francophone-judicial-body/?utm_source=openai))

Réformes internes et déploiement numérique du système judiciaire

Parallèlement à la suspension de ses activités au sein du RFCMJ, le ministère de la Justice a lancé le 15 décembre trois plateformes numériques destinées à moderniser le fonctionnement des juridictions et des services administratifs. Les nouveaux outils permettent aux citoyens de saisir et de suivre une affaire en ligne, de prendre rendez‑vous pour visiter des personnes détenues et d’obtenir à distance des certificats administratifs pour les entreprises (inscription, non‑faillite, etc.). Ces initiatives s’inscrivent dans un plan de numérisation que les autorités présentent comme visant à améliorer la transparence, l’accès à la justice et l’efficacité administrative. ([peoplesdispatch.org](https://peoplesdispatch.org/2025/12/18/another-break-from-francafrique-burkina-faso-suspends-participation-in-francophone-judicial-body/?utm_source=openai))

Le gouvernement a avancé des chiffres sur l’utilisation des plateformes existantes : la procédure d’acquisition en ligne des certificats de nationalité aurait enregistré 49 000 demandes en deux ans, tandis que la plateforme d’extrait de casier judiciaire aurait traité 418 000 requêtes, des services qui, selon le ministère, ont généré environ 600 000 dollars de recettes pour le budget national. La suspension de la participation au RFCMJ intervient au moment où Ouagadougou renforce ces outils internes et poursuit une politique diplomatique de retrait vis‑à‑vis de l’OIF engagée au début de 2025 par le Burkina Faso, le Mali et le Niger. ([peoplesdispatch.org](https://peoplesdispatch.org/2025/03/24/mali-burkina-faso-and-niger-withdraw-from-international-organization-of-la-francophonie/?utm_source=openai))

Dans les débats internes tenus lors de la session du CSM, les membres ont également examiné le rôle des juridictions de proximité, l’intégration du droit coutumier et des mécanismes traditionnels dans la chaîne de la justice, ainsi que les leviers organisationnels pour rendre les tribunaux de fond plus opérationnels face aux difficultés logistiques et sécuritaires qui touchent certaines régions du pays. ([peoplesdispatch.org](https://peoplesdispatch.org/2025/12/18/another-break-from-francafrique-burkina-faso-suspends-participation-in-francophone-judicial-body/?utm_source=openai))

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