Burkina Faso, Mali et Niger lancent une force régionale au Sahel
À Bamako, le chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta, a présidé une cérémonie marquant la création d’une force militaire unifiée pour les pays du Sahel, une initiative présentée comme une réponse commune aux menaces sécuritaires régionales. Annoncée comme une structure de 5 000 hommes et dotée d’un poste de commandement installé à Niamey, cette entité rassemble des éléments provenant du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

SOMMAIRE
La mise en place de cette force s’inscrit dans une série de mesures visant à resserrer l’intégration opérationnelle et politique entre les trois États. Les trois pays, dirigés par des juntes militaires, font face depuis plusieurs années à une insurrection islamiste qui déstabilise de larges zones du Sahel et a motivé des coopérations militaires accrues entre leurs armées.
Selon des déclarations faites en janvier par le ministre nigérien de la Défense, la nouvelle formation, forte de 5 000 soldats, devra « intervenir ensemble » pour contrer les menaces pesant sur la région. Le général burkinabè Daouda Traoré a été nommé commandant de la force ; le choix de Niamey pour abriter le quartier général traduit le partage de responsabilités entre les trois États. La cérémonie organisée sur une base aérienne de Bamako a réuni les ministres de la Défense des pays membres de ce qui se présente comme l’Alliance du Sahel, ainsi que des ambassadeurs et des représentants d’organisations internationales accréditées au Mali.
Une alliance née d’une rupture avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest
Les autorités malienne, burkinabè et nigérienne ont formalisé cette coopération après leur retrait collectif de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les responsables de l’alliance accusent la CEDEAO d’avoir imposé des sanctions liées aux coups d’État et estiment que ces mesures sont inhumaines et contraires aux intérêts des populations de leurs pays.
Dans les déclarations publiques qui ont accompagné l’événement à Bamako, les représentants des trois États ont mis en avant la nécessité d’une coordination opérationnelle renforcée face à l’insécurité transfrontalière et aux flux d’armes illicites. Le format adopté — unité composée d’éléments issus de chaque armée nationale, commandement partagé et implantation du centre de commandement à Niamey — vise à faciliter des interventions conjointes et une mise en réseau des capacités logistiques et de renseignement.
La présence d’ambassadeurs et de délégués d’organisations internationales à la cérémonie montre que l’annonce a été faite dans un cadre diplomatique visible, même si certains acteurs externes — notamment des institutions régionales et internationales — ont, par le passé, fait part de réserves sur les conséquences politiques et humanitaires des ruptures institutionnelles au Sahel. L’Alliance du Sahel affirme que les sanctions de la CEDEAO sont inhumaines et vont à l’encontre des intérêts des citoyens des pays membres

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