Bilal Hassani invite souvent les plus jeunes à ne pas hésiter à en parler
Violences sexuelles, silence, honte : l’artiste Bilal Hassani, 26 ans, a pris la parole dans l’émission Sept à huit pour évoquer l’agression dont il a été victime et encourager les jeunes à parler. Sa confession intervient dans un contexte où le silence autour de ces violences reste un obstacle majeur à la prise en charge et à la reconnaissance des victimes.

SOMMAIRE
Les raisons du silence sont multiples : peur de ne pas être cru, culpabilité, minimisation de ce qui s’est passé. Ces mécanismes conduisent de nombreuses victimes, particulièrement les plus jeunes, à taire leur traumatisme, parfois pendant des années. Ce retrait favorise l’isolement et peut permettre la répétition des agressions lorsque l’environnement ne change pas.
Les violences sexuelles surviennent fréquemment dans un cadre de confiance — famille, cercle d’amis, milieu scolaire ou professionnel — ce qui ajoute à la difficulté de nommer les faits. Le support de l’entourage, l’accès à un suivi psychologique, ainsi que l’information sur les ressources disponibles (proches de confiance, professionnels de santé, associations, numéros d’écoute) jouent un rôle déterminant pour les personnes concernées.
La parole publique comme déclencheur
La prise de parole de personnalités publiques prend une portée particulière lorsque les victimes n’ont pas autour d’elles des personnes en capacité d’écouter sans jugement. Un témoignage médiatisé peut montrer que l’agression peut toucher n’importe qui et contribuer à légitimer la parole de celles et ceux qui s’identifient à ces récits.
Bilal Hassani a décrit la difficulté de revenir sur son vécu, notamment dans le cadre de sa création musicale, et le poids durable de ce type de traumatisme. « J’ai eu beaucoup de mal et je pense que parfois, on garde ce secret jusqu’à la tombe… On a souvent honte et il ne faut pas ! J’ai eu la chance de pouvoir en parler avec les gens autour de moi, mes amis, ma famille, avec ma maman et on n’a pas toujours ce cercle-là », a-t-il déclaré.
Il a expliqué que ses confidences lui ont permis de mesurer combien de jeunes se reconnaissaient dans ses mots et restaient silencieux. Conscient de l’appui dont il a pu bénéficier, il a rappelé que ce n’est pas le cas de tous et a directement adressé un message aux jeunes qui le suivent.
« J’invite souvent les plus jeunes personnes qui me suivent à ne pas hésiter à en parler… Il faut le faire en tout cas ! (…) On a honte alors qu’on ne devrait pas ! Quand on est victime de quelque chose comme ça, il ne faut pas avoir honte, pourtant, ça arrive », a-t-il ajouté lors de son intervention.
Ces témoignages contribuent, selon les acteurs associatifs et médicaux cités dans les médias, à fissurer progressivement la culture du silence et de la culpabilisation, en orientant vers des solutions concrètes : écoute, accompagnement psychologique et orientation vers des structures spécialisées.

Commentaires