Bénin: vers un revirement historique de l’ancien président Boni Yayi concernant son siège au Sénat ?
L’actualité politique béninoise pourrait connaître un tournant majeur au sein de la toute nouvelle chambre haute du Parlement en installation.

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Alors qu’il avait opposé un refus catégorique et formulé une déclaration solennelle en novembre dernier, l’ancien président de la République, le docteur Boni Yayi, s’apprêterait finalement à changer d’avis et à siéger au cours de la première mandature du Sénat.
Ce changement de posture, qui restait entouré de mystères, commence à se préciser à la lumière de plusieurs indiscrétions issues du sérail politique. Contrairement à la position de fermeté qu’il affichait en 2025, l’ancien chef d’État aurait temporisé sa décision après avoir mené une série de consultations stratégiques.
Boni Yayi aurait en effet reçu de nombreux négociateurs politiques venus spécialement pour le convaincre de la nécessité, tant pour son propre statut que pour l’intérêt supérieur de la Nation, d’occuper le fauteuil qui lui revient de droit.
Sensible à ces arguments et désireux de s’afficher en démocrate respectueux des lois de la République, en homme de paix et en défenseur des droits du peuple souverain, l’ancien président envisagerait ce retour institutionnel pour ne pas violer la Constitution révisée, qui lui fait obligation d’y siéger en sa qualité de membre de droit.
Cette décision s’inscrirait également dans une relecture lucide du contexte politique national par le patriarche. Constatant que les luttes menées ces dix dernières années, que ce soit en dehors ou au sein de ses propres formations politiques de prédilection à savoir la FCBE et Les Démocrates, n’ont pas véritablement porté les fruits escomptés, l’ancien président verrait dans le Sénat une nouvelle tribune officielle pour faire entendre sa voix.
En acceptant d’occuper ce poste de haut régulateur de la vie publique, Boni Yayi choisirait d’utiliser les canaux institutionnels légaux pour poursuivre son engagement en faveur des grands dossiers nationaux, notamment la pacification de la vie politique, la libération des détenus et le retour des exilés. Une révision de posture que d’aucuns appeleraient rétro pédalage mais qui pour d’autres, une décision de sagesse.
En 2025 en effet, Boni Yayi estimait que cette réforme constitutionnelle, initiée sans consensus national, « ne va pas dans le sens du renforcement de notre démocratie ». Il martelait qu’elle s’inscrit dans un « climat d’exclusion » susceptible de fragiliser la cohésion sociale et de compromettre la sérénité du débat républicain.
L’ancien président, visiblement indigné par la démarche, avait rejeté catégoriquement toute idée de siéger au sein de cette nouvelle institution en tant que membre de droit. « Je ne saurais en aucun cas faire partie de cette institution ni cautionner un tel projet, dont le dessein véritable semble être de modifier la nature même de notre régime politique », a-t-il déclaré.
« Ensemble, défendons notre République, notre démocratie et notre unité nationale. Refusons toute altération de l’équilibre institutionnel qui menace notre vivre-ensemble et l’avenir de notre Nation. Ensemble, sauvons la patrie. », avait martelé en son temps Boni Yayi.
La décla ration de Boni Yayi en 2025
Par la presse j’ai été informé du dépôt à l’assemblée nationale d’une proposition de loi modificative de la Constitution. Elle vise à créer une institution appelée Sénat. Cette initiative ne va pas dans le sens du renforcement de notre démocratie. Engagée sans consensus national, elle s’inscrit dans un climat d’exclusion qui fragilise la cohésion sociale et compromet la sérénité du débat républicain.
La création d’un Sénat n’est ni opportune ni légitime. Elle constitue une initiative antidémocratique, contraire aux principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs et au bon fonctionnement de nos institutions. Sa composition soulève de sérieuses interrogations, tout comme ses attributions et sa fonction, qui paraissent conçues pour servir un seul homme, ignorant l’intérêt général.
Je ne saurais en aucun cas faire partie de cette institution comme membre de droit ni cautionner un tel projet, dont le dessein véritable semble être de modifier la nature même de notre régime politique . Une telle dérive institutionnelle met en péril les acquis démocratiques chèrement obtenus par le peuple béninois au prix de tant de sacrifices.
J’en appelle avec gravité aux députés du parti Les Démocrates à rejeter cette proposition de révision constitutionnelle portant création du Sénat. En agissant ainsi, les 22 députés LD honoreront leur serment d’artisans de la restauration de la démocratie au Bénin, à cette dernière session ordinaire de la 9ᵉ législature.
Par leur minorité de blocage, ils auront le mérite de rendre la parole au peuple, seul souverain légitime, à travers la voie référendaire — expression suprême de la volonté nationale.
Ensemble, défendons notre République, notre démocratie et notre unité nationale. Refusons toute altération de l’équilibre institutionnel qui menace notre vivre-ensemble et l’avenir de notre Nation.
Ensemble sauvons la patrie.
Dieu bénisse le Bénin.
Président Thomas Boni Yayi


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