Le Bangladesh absorbe 91 % de la valeur du coton exporté par le Bénin

En 2024, le Bangladesh a absorbé 480,6 millions de dollars sur 525,7 millions de dollars de coton exporté par le Bénin. À Glo-Djigbé, l’enjeu est de transformer davantage de fibre localement et d’exporter plus de textile et de vêtements finis.
En 2024, le Bangladesh a absorbé 480,6 millions de dollars sur les 525,7 millions de dollars de coton exportés par le Bénin. Cela représente 91,4 % de la valeur exportée, selon les données de la Banque mondiale issues de Comtrade.
À Glo-Djigbé, la réponse passe par la transformation locale. La première phase du parc textile de la GDIZ est dimensionnée pour environ 40 000 tonnes de fibre par an. Les unités installées couvrent la filature, le tissage ou le tricotage, la teinture, la finition et la confection.
Benin Textile Corporation a expédié en 2025 plus de 50 000 vêtements pour l’enseigne française Gémo et vise trois millions de pièces en 2026. Produire le vêtement au Bénin permet de conserver localement davantage de travail industriel, de services, de logistique et de marge avant l’exportation.
Le gouvernement a aussi relié l’objectif industriel à la production agricole. Pour la campagne 2026-2027, une prime exceptionnelle de 10 FCFA par kilogramme doit être versée aux producteurs si la récolte nationale dépasse 700 000 tonnes de coton-graine. Le Conseil des ministres a présenté cette mesure comme un moyen d’améliorer les revenus des producteurs tout en sécurisant l’approvisionnement des unités locales.
La GDIZ doit maintenant convertir sa capacité en commandes
La montée en puissance du textile apparaît déjà dans certains indicateurs. La Banque africaine de développement estime que le secteur a progressé de 9,3 % en 2025. Elle indique également que la modernisation de la GDIZ et la progression des exportations à plus forte valeur ajoutée ont contribué à ramener le déficit courant de 6,2 % du PIB en 2024 à 5,7 % en 2025.
Le Fonds monétaire international attend lui aussi une amélioration graduelle de la balance extérieure avec l’augmentation des exportations issues des zones économiques spéciales. Cette évolution dépend toutefois de la capacité des usines à obtenir des commandes régulières et à livrer à des coûts compétitifs. Énergie, qualité, délais, logistique portuaire, traçabilité et formation de la main-d’œuvre pèseront autant que les capacités installées.
Le Bangladesh reste un débouché majeur parce qu’il importe de grandes quantités de coton pour alimenter son industrie textile et son secteur de l’habillement. Pour le Bénin, ce marché offre une demande profonde et régulière. La transformation locale doit donc progresser sans couper un débouché qui reste essentiel pour la fibre.
Cette évolution concerne une filière qui fait vivre directement ou indirectement plus de deux millions de personnes, selon des responsables de producteurs cités par l’Associated Press. Le même reportage fait état d’au moins 183 746 producteurs regroupés dans 2 206 coopératives villageoises. L’effet de l’industrialisation dépendra donc aussi de la façon dont les revenus supplémentaires remontent jusqu’aux producteurs.
De la fibre au vêtement, les volumes doivent suivre
Les unités de Glo-Djigbé disposent d’une capacité industrielle visible, mais les produits transformés pèsent encore moins dans le commerce extérieur que les exportations de fibre. Un précédent article de Bénin Web TV sur la transformation du coton à la GDIZ détaillait la montée en puissance de ces installations. Leur poids dépendra désormais des volumes réellement vendus à l’étranger.
Le modèle béninois attire déjà l’attention dans la sous-région. En juillet, le vice-président nigérian Kashim Shettima a conduit une délégation à Glo-Djigbé pour étudier le fonctionnement de la zone industrielle et les mécanismes utilisés pour rapprocher production agricole et transformation locale. Abuja a présenté cette visite comme une recherche d’enseignements pour ses propres zones agro-industrielles et son industrie textile.
Deux données permettront de suivre l’évolution en 2026-2027. Le gouvernement vise au moins 700 000 tonnes de coton-graine pour déclencher la prime aux producteurs, tandis que Benin Textile Corporation a annoncé un objectif de trois millions de vêtements pour Gémo en 2026.


