Au Soudan, la chute de la livre pousse des commerces à fermer
Le dollar s’échange autour de 7 400 à 7 500 livres soudanaises sur le marché parallèle après avoir dépassé 8 400 la semaine dernière. Dans plusieurs villes, des commerçants ont fermé face à la volatilité des prix, tandis que le coût des produits de base a bondi.

Au Soudan, la chute de la livre provoque des fermetures de commerces et renchérit les produits de base dans plusieurs villes, sur fond de forte volatilité du marché des changes.
Après avoir dépassé 8 400 livres pour un dollar la semaine dernière, le billet vert s’échangeait autour de 7 400 à 7 500 livres sur le marché parallèle entre lundi 21 et mardi 22 septembre, contre environ 4 100 en mai.
À Ed Dueim, dans l’État du Nil Blanc, environ trois quarts des boutiques ont fermé au plus fort de la chute de la monnaie, selon un commerçant interrogé par Radio Dabanga. À Omdurman, le même témoignage faisait état de la fermeture d’environ 90 % des grossistes. Radio Tamazuj a également constaté vendredi la fermeture de la plupart des commerces visités à Khartoum et Wad Madani, les vendeurs peinant à fixer leurs prix.
La flambée a touché directement l’alimentation. À Omdurman, le sac de sucre de 50 kilos est passé de 350 000 à 420 000 livres, tandis qu’il atteignait environ 440 000 livres dans l’État du Nil Blanc. Dans d’autres marchés, les prix de la farine et du carburant ont aussi progressé sous l’effet du renchérissement des importations et du transport.
La livre a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar depuis le début de l’été dans les zones contrôlées par l’armée. Avant la guerre déclenchée en avril 2023 entre l’armée et les Forces de soutien rapide, le dollar s’échangeait autour de 600 livres. La dépréciation réduit davantage le pouvoir d’achat de ménages déjà touchés par plus de trois ans de conflit et pousse certains salariés et commerçants à chercher des revenus complémentaires.
Le ministre des Finances, Jibril Ibrahim, attribue une partie de la pression à l’écart entre les importations et les exportations ainsi qu’au besoin croissant de devises. Il affirme que la guerre a fait reculer le produit intérieur brut de plus de 40 % en 2023 et 2024 et privé l’État de plus de 80 % de ses recettes fiscales. La perte de zones productrices d’or et de gomme arabique a également réduit les entrées de devises dans les territoires administrés par le gouvernement.
Les autorités avaient constitué en juin une équipe chargée de stabiliser le taux de change, avec un accent sur le contrôle des recettes tirées de l’or et des produits pétroliers, la réduction de la facture des importations et le rapatriement des recettes d’exportation par les circuits officiels. Début septembre, la Banque centrale a aussi accordé davantage de latitude aux banques commerciales pour fixer leurs taux de change et acheter les recettes d’exportation.
Le reflux du dollar autour de 7 400 livres lundi a apporté un répit ponctuel à certains marchés. Dans l’État d’El Gezira, un commerçant a signalé une baisse du prix du blé et de l’aliment pour bétail, ce dernier passant de 170 000 à 140 000 livres, alors que les cambistes restaient prudents face à la forte volatilité.



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