Attaques du 25 avril au Mali : Bamako enquête sur des complicités internes
Le parquet militaire de Bamako a annoncé samedi l’ouverture d’une enquête visant plusieurs militaires maliens et une figure politique, soupçonnés de complicité avec des groupes jihadistes lors des attaques coordonnées du 25 avril 2026 dans le pays, selon un communiqué consulté par la presse locale.


Ces attaques, menées contre plusieurs positions des Forces armées maliennes (FAMa), ont fait de nombreuses victimes et mis en lumière l’hypothèse de complicités internes dans l’appareil sécuritaire. Le parquet évoque un « faisceau d’indices graves et concordants » laissant penser que des militaires en activité, d’anciens militaires radiés ou en instance de radiation ainsi qu’un responsable politique ont contribué à la planification, à la logistique et, pour certains, à l’exécution des opérations armées.
Parmi les personnes mises en cause figurent plusieurs sous-officiers en service, mais aussi des éléments radiés ou retraités présentés comme des relais entre les groupes armés et certains segments de l’institution militaire. Le communiqué cite en particulier une personnalité politique d’opposition, ancienne figure de la scène partisane, soupçonnée d’avoir entretenu des liens avec les auteurs des attaques.
Le parquet militaire indique que des arrestations ont déjà eu lieu et que d’autres suspects sont activement recherchés, sans préciser leur nombre exact ni l’identité des personnes interpellées. Les faits visés pourraient relever de qualifications telles que trahison, association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, complicité d’actes terroristes ou atteinte à la sûreté de l’État, des infractions passibles de lourdes peines au Mali.
Cette affaire intervient alors que les autorités de transition font de la lutte contre le terrorisme et la restauration de l’autorité de l’État une priorité, au moment où le pays est confronté à une recrudescence des attaques dans plusieurs régions. La mise en cause de militaires et d’un responsable politique soulève des interrogations sur le degré de pénétration des groupes jihadistes au sein des institutions, mais aussi sur les possibles implications politiques du dossier.
Le parquet militaire assure que l’enquête se poursuivra « avec toute la rigueur requise » et promet que « toutes les personnes impliquées, quel que soit leur statut, répondront de leurs actes devant la justice ». Aucune date n’a été avancée pour d’éventuelles mises en accusation formelles ni pour l’ouverture d’un procès.



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