Airbnb : l’UE ouvre la voie à de nouvelles restrictions sur les locations de courte durée
La Commission européenne a présenté mercredi 9 septembre un cadre commun permettant aux autorités nationales et locales de restreindre les locations de courte durée dans les zones où la crise du logement est démontrée, sous des conditions strictes de nécessité et de proportionnalité.

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La Commission européenne a proposé mercredi 9 septembre 2026 un nouveau cadre permettant aux États, régions et villes de l’Union européenne de restreindre les locations de courte durée, notamment celles proposées via Airbnb, dans les zones où une forte tension sur le logement est établie.
Le texte, présenté dans le cadre de l’Acte européen pour le logement abordable, ne crée pas d’interdiction générale à l’échelle de l’UE. Il vise plutôt à donner aux autorités locales une base juridique commune pour agir lorsque les locations touristiques, les logements vacants ou certains usages de résidences secondaires réduisent l’offre disponible pour les habitants.
Selon la Commission, une zone pourra être considérée comme soumise à une tension immobilière à partir d’indicateurs tels qu’un rapport élevé entre les prix du logement et les revenus ou une hausse persistante des prix sur plusieurs années. Toute restriction devra être fondée sur des données, limitée au territoire concerné, nécessaire et proportionnée à l’objectif poursuivi.
Pour les locations de courte durée, les autorités devront notamment montrer que cette activité contribue de manière significative à la baisse de l’offre ou à la dégradation de l’accessibilité financière. Les mesures ne pourront pas être appliquées rétroactivement et devront tenir compte des situations locales, selon les principes détaillés par l’exécutif européen.
La proposition intervient alors que la question du logement est devenue une préoccupation majeure dans de nombreuses villes européennes. La Commission indique que plus de la moitié des habitants des zones urbaines considèrent le logement comme un problème immédiat et urgent. Depuis 2013, les prix des logements ont augmenté de plus de 60 % dans l’UE et les loyers d’environ 20 %, tandis que les locations de courte durée ont progressé de 93 % entre 2018 et 2024.
Un cadre européen, sans interdiction générale
Bruxelles cherche à harmoniser un paysage réglementaire devenu très fragmenté. Paris, Barcelone, Venise et d’autres destinations touristiques ont déjà adopté des règles distinctes pour limiter ou encadrer les locations de courte durée, avec à la clé plusieurs contentieux sur leur compatibilité avec le droit européen.
Le nouveau cadre doit permettre aux autorités de conserver la maîtrise de leurs politiques de logement tout en réduisant l’incertitude juridique. La décision d’imposer ou non des restrictions restera nationale, régionale ou locale : la Commission ne pourra pas obliger une ville à limiter Airbnb ou d’autres plateformes.
Airbnb a contesté l’approche proposée. L’entreprise estime que la priorité devrait porter sur la construction, la rénovation et la remise sur le marché des logements inoccupés plutôt que sur de nouvelles limitations visant les locations touristiques. Le titre Airbnb reculait d’environ 3 % en séance mercredi après l’annonce de la Commission, selon Reuters.
Le débat sur les plateformes de location est déjà vif dans plusieurs États membres. En Espagne, Airbnb avait notamment été sanctionné à hauteur de 64 millions d’euros pour des annonces de logements interdits, un précédent qui illustre la multiplication des règles nationales et locales que le nouveau texte européen cherche à mieux encadrer.
Le Parlement européen et les États doivent encore se prononcer
La Commission recommande parallèlement d’accélérer la mise à disposition de terrains, de simplifier certaines procédures d’urbanisme et de construction et de favoriser la rénovation afin d’augmenter l’offre de logements. L’Acte européen pour le logement abordable doit maintenant être négocié avec le Parlement européen et le Conseil avant de pouvoir entrer en vigueur.



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