Tom Félix, qui a passé 909 jours en prison en Malaisie, dit avoir été abusé sexuellement
Un Français acquitté après 909 jours de détention en Malaisie affirme avoir été soumis à des violences et des agressions sexuelles pendant son emprisonnement. Rentré en France le 5 février, Tom Félix, 34 ans, a raconté sur RTL les conditions de détention qu’il dit avoir subies après son arrestation en Malaisie, alors qu’il se trouvait dans le pays pour y ouvrir un restaurant. Accusé de trafic de stupéfiants — des faits qu’il a toujours niés — il a été poursuivi au pénal et risquait la peine capitale avant d’être acquitté par la haute cour criminelle d’Alor Setar.

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Selon les éléments rapportés par l’intéressé lors de son intervention chez Marc-Olivier Fogiel, il a passé 909 jours en détention avant d’obtenir cet acquittement. À son retour en France, il a exprimé son sentiment d’avoir perdu une partie importante de sa vie, déclarant qu’on lui avait « volé 900 jours de (sa) vie ». Il a précisé avoir été arrêté en août 2023 et a confirmé qu’il n’avait jamais reconnu les accusations portées contre lui.
Lors de l’entretien radiophonique, Tom Félix a relaté des violences psychologiques et physiques, ainsi que des allégations d’agressions à caractère sexuel perpétrées selon lui par des membres du personnel pénitentiaire. Il a évoqué un risque judiciaire extrême lié aux accusations initiales et a décrit le quotidien en détention à travers des témoignages détaillés.
40 personnes dans la même cellule, Tom Félix a vu l’enfer sur terre
Le récit de la détention se concentre sur des conditions matérielles très dures. Tom Félix a décrit une cellule d’environ 40 m² qu’il partageait avec une quarantaine d’autres détenus, soit à ses yeux « un mètre carré par personne ». Il a dénoncé l’absence de ventilation, l’impossibilité de sortir de la cellule et des températures caniculaires dans cette région de Malaisie, pouvant atteindre jusqu’à 40 degrés.
Au-delà de la promiscuité, il a dénoncé un régime alimentaire qui lui a provoqué des allergies et, selon ses dires, une absence de prise en charge médicale adaptée par l’établissement pénitentiaire. Il a ajouté que les conditions avaient un impact direct sur le moral et la santé des détenus.
Sur le plan des violences, il a affirmé avoir été victime d’agressions physiques et psychologiques et a porté des accusations directes contre des gardiens, les accusant notamment de l’avoir « sexuellement agressé » et de lui avoir demandé de « montrer ce qu’il avait sous la ceinture ». Ces déclarations ont été rapportées par le détenu lui‑même au cours de l’interview.
Durant sa détention, il s’est réfugié dans la lecture : il dit avoir lu plus de 300 livres pour occuper ses journées. Ancien cadre chez Veolia, il se dit aujourd’hui revenu auprès des siens en France. Il a également évoqué un rapprochement possible vers le bouddhisme et a déclaré « Je prends les choses au jour le jour ». Pour l’heure, il a ajouté qu’il n’envisageait pas de retourner en Malaisie : « Je pense qu’il existe assez de pays dans le monde pour aller faire des visites. Pour le moment, je n’ai pas particulièrement envie d’y retourner. »

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