Tanzanie : accord avec le FMI pour un nouveau soutien de 375,5 millions de dollars
Le FMI a conclu un accord de niveau personnel avec la Tanzanie, ouvrant la voie à un décaissement de 375,5 millions de dollars au titre des dernières revues de ses programmes en cours. L’institution salue des objectifs globalement atteints, mais alerte sur les risques liés aux tensions au Moyen-Orient, à la hausse des prix du pétrole et des engrais, ainsi qu’aux pressions sur le tourisme et les finances publiques.

SOMMAIRE

Le Fonds monétaire international (FMI) a conclu mardi 12 mai 2026 un accord de niveau personnel avec le gouvernement tanzanien à l’issue d’une mission conduite par Nicolas Blancher du 28 avril au 12 mai 2026, ouvrant la voie à un décaissement de 375,5 millions de dollars, sous réserve d’approbation du Conseil d’administration de l’institution, selon le communiqué officiel du FMI publié le même jour. Cet accord porte sur les sixième et septième revues de la Facilité élargie de crédit (FEC) et les troisième et quatrième revues de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) — deux programmes arrivant à leur terme. Une fois le décaissement approuvé par le Conseil d’administration, le total des soutiens versés à la Tanzanie sous les deux programmes depuis leur mise en place atteindra environ 1,615 milliard de dollars.
La délégation tanzanienne était conduite par le ministre des Finances, l’ambassadeur Khamis Mussa Omar. Les discussions se sont tenues au siège de la Banque de Tanzanie à Dar es Salaam. Selon The Respondents, le ministre a indiqué que le gouvernement s’engageait à continuer de mettre en œuvre les réformes convenues « de manière responsable et efficace » et à utiliser les fonds « de façon transparente ».
Dans son évaluation, le FMI indique que « les objectifs généraux des programmes ont été atteints » : croissance robuste, inflation faible et stable, réserves en devises à un niveau adéquat, hausse des dépenses publiques en éducation et en santé, et renforcement de la résilience climatique. L’institution salue en particulier la décision des autorités tanzaniennes de laisser passer les hausses des prix mondiaux du carburant dans les prix à la consommation — dite politique de pass-through — et de maintenir un régime de change flexible.
Les projections pour 2026 retiennent une croissance du PIB à 5,9 %, une inflation remontant à 4,7 % — contre 4,0 % en avril 2026 et 3,2 % en mars — et un déficit courant se creusant à 2,9 % du PIB. À moyen terme, le FMI projette un retour du taux de croissance à son potentiel de 6,3 % et un maintien de l’inflation dans la fourchette cible de 3 à 5 % fixée par la Banque de Tanzanie.
Les tensions au Moyen-Orient comme premier facteur de risque externe
Le FMI identifie le conflit en cours au Moyen-Orient comme principal vecteur de pression extérieure sur l’économie tanzanienne en 2026, en raison de la hausse des prix du pétrole et des engrais qu’il induit, ainsi que des perturbations des liaisons aériennes internationales et des chaînes de valeur mondiales. Ces tensions pèsent directement sur trois piliers de l’économie tanzanienne : l’agriculture, qui dépend des engrais importés ; le tourisme, qui mobilise une part significative des recettes en devises et repose sur des flux aériens depuis l’Europe et l’Asie ; et le transport, dont la rentabilité se comprime avec la hausse des coûts du kérosène.
Parmi les autres risques extérieurs identifiés figurent un ralentissement de l’économie mondiale, la fragmentation géo-économique et un recul des aides au développement. En interne, le FMI signale des risques liés à une potentielle instabilité sociale, des pressions budgétaires et un ralentissement dans la mise en œuvre des réformes.
La FEC de la Tanzanie a été approuvée en juillet 2022 pour un montant total de 795,58 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit 200 % de la quote-part du pays au FMI. Elle visait à préserver la stabilité macroéconomique, renforcer la reprise post-pandémique et promouvoir une croissance inclusive. Elle avait été prolongée de six mois jusqu’à mai 2026 lors de la troisième revue, approuvée en juin 2024. La FRD, approuvée simultanément en juin 2024 pour 786,2 millions de dollars sur vingt-trois mois, a pour objet de financer les réformes de politique climatique et de renforcer la résilience de l’économie tanzanienne face aux chocs environnementaux — sécheresses, inondations et montée des eaux qui affectent le littoral de l’océan Indien et les régions agricoles de l’intérieur du pays.
Les revues en cours sont les dernières sous ces deux programmes. Le FMI indique que la réalisation des objectifs de la Vision 2050, le document-cadre de développement à long terme de la Tanzanie, nécessitera des réformes structurelles accélérées portant sur le développement du capital humain, la compétitivité du secteur privé, l’infrastructure et la résilience climatique. L’institution recommande également des efforts soutenus en matière de recouvrement de recettes fiscales, d’apurement des arriérés intérieurs et de protection des dépenses sociales prioritaires.
La date de la réunion du Conseil d’administration du FMI qui doit entériner l’accord de niveau personnel et autoriser le décaissement de 375,5 millions de dollars n’a pas été précisée dans le communiqué officiel.


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