Surya Bonaly blessée à vif après un échec dans ses jeunes années

Alysa Liu, sacrée championne olympique le 19 février 2026 à 20 ans après un retour spectaculaire face à la Japonaise Kaori Sakamoto, a relancé le débat sur l’audace et la technicité en patinage artistique — et remis en lumière le parcours de la Française Surya Bonaly, figure controversée et pionnière des années 1990. Entre exploits techniques, blessures et stigmatisation raciale, Bonaly reste un symbole d’une époque où le système et l’athlète se sont souvent affrontés.

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Surya Bonaly blessée à vif après un échec dans ses jeunes années
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Adoptée bébé et élevée sur la Côte d’Azur, Surya Bonaly s’est d’abord essayée à la gymnastique, à la danse et au plongeon avant de trouver sa voie sur la glace. Dès ses débuts, son style a bousculé les codes : puissance, vitesse, prise de risque. Sa signature, un salto arrière réceptionné sur un seul pied — geste interdit en compétition — est devenue une image indélébile du sport.

Ses palmarès témoignent de cette domination continentale : cinq fois championne d’Europe et neuf fois championne de France. Pourtant, le titre mondial lui a toujours échappé, les juges évoquant un déficit d’artistique tandis que certains observateurs estimaient qu’elle dérangeait l’ordre établi du patinage.

Surya Bonaly, pionnière incomprise du patinage artistique

Le récit de sa carrière est éclaté entre réussite sportive et luttes personnelles. Le podcast « Surya Bonaly, le génie du patin », diffusé sur Radio France, retrace des épisodes de vie révélateurs : petite, elle a parfois dormi dans une camionnette avec sa mère, garée devant la patinoire, et consacrait jusqu’à sept heures d’entraînement par jour. Ces sacrifices ont façonné une athlète hors normes mais isolée dans un milieu très codifié.

Surya Bonaly a elle-même relaté la manière dont elle était perçue. Dans une interview accordée à Le Parisien, elle confie que l’on ne la définissait pas comme une patineuse, mais comme « la noire« , une étiquette révélatrice d’un malaise profondément ancré. Son ancien coéquipier et ami, Philippe Candeloro, a également décrit une patineuse souvent incomprise et solitaire face à un système rigide.

Des images rares diffusées le 13 février 2026 dans l’émission 20h30 le dimanche montrent un geste fort : lors des championnats du monde 1994, la jeune Surya, alors âgée de 20 ans, retire sa médaille d’argent sur le podium. Dans une archive relayée par Loopsider, sa voix tremble en déclarant : « À la fin, on ne sait plus quoi faire… quand on nous demande de faire de l’artistique et moins de sauts, on se fait battre. Quand on fait plus de technique et moins d’artistique, on se fait battre aussi. Alors quoi faire ?« 

La blessure du tendon d’Achille en 1998, juste avant les Jeux olympiques, marque un autre épisode déterminant : malgré la rupture, elle continue de patiner, chute et tente son salto arrière, expliquant plus tard « Pénalisée pour pénalisée« . Elle ne remporte pas de médaille ce jour-là, mais le geste a durablement marqué l’histoire du patinage.

Les prises de parole postérieures ont aussi permis de recontextualiser son parcours. Après les révélations de Sarah Abitbol sur des violences dans le milieu, la parole s’est libérée ; invité en 2020 dans Morandini Live, Gwendal Peizerat a évoqué des violences psychologiques subies par des athlètes de cette génération et indiqué que Surya Bonaly n’y aurait pas échappé. Ces révélations ont contribué à des remous institutionnels, dont la démission de Didier Gailhaguet.

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