Soudan du Sud : nouveau massacre dans le nord, au moins 169 civils tués
La nuit du samedi 28 février au dimanche 1er mars a été marquée par une attaque sanglante à Abiemnhom, dans la zone administrative de Ruweng, près de la frontière soudanaise. Le nombre de victimes reste en cours de vérification, mais les autorités locales font état d’un bilan humain lourd, dans un contexte d’instabilité politique croissante.

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Selon les responsables sur place, le total des morts pourrait atteindre au moins 169 personnes, un chiffre encore provisoire. Les témoignages recueillis indiquent que de nombreux habitants se sont dispersés dans toutes les directions, si bien que d’autres blessés ou corps sont susceptibles d’être retrouvés dans les heures qui viennent.
L’assaut se serait produit aux premières heures, vers 4 h du matin, et aurait impliqué un important groupe de jeunes Nuer armés venus du comté voisin de Mayom, certains vêtus d’uniformes militaires. Des sources locales rapportent que les assaillants ont investi plusieurs secteurs de la ville.
Les forces de sécurité ont tenté de repousser l’attaque : environ 79 soldats et policiers auraient été tués au cours des combats. Médecins Sans Frontières a, pour sa part, pris en charge une soixantaine d’à-vingt blessés par balles à l’hôpital d’Abyei, situé à quelques kilomètres à l’ouest ; plusieurs d’entre eux sont décédés ensuite, dont une femme enceinte. Les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) ont accueilli près de 1 000 civils sur leur base et apporté des soins d’urgence aux blessés. Face à l’ampleur des pertes, des victimes ont été inhumées dans une fosse commune.
« L’intensification soudaine des violences suscite une vive inquiétude »
Les motifs de l’offensive demeurent à établir, mais les autorités locales évoquent des heurts intercommunautaires, sur fond de tensions politiques. Cette tragédie intervient alors que la violence s’est accentuée dans plusieurs régions du pays ces derniers mois, notamment dans l’État de Jonglei.
Les combats entre partisans du chef de l’État et ceux de l’opposant Riek Machar se sont ravivés malgré l’accord de paix signé en 2018, laissant craindre une propagation des affrontements et des violences à caractère ethnique. La porte-parole de la MINUSS, Priyanka Chodhury, a mis en garde contre les conséquences humanitaires de cette dérive : bombardements signalés, déplacements massifs de populations, destructions et pillages d’installations d’aide.
Face à la situation, les autorités de Ruweng demandent l’ouverture d’une enquête, le renforcement des forces de sécurité et l’acheminement d’une aide humanitaire urgente. Elles pointent également la responsabilité des autorités de Mayom, dans un contexte de tensions anciennes entre communautés Nuer de Mayom et Dinka d’Abiemnhom.

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