Niger : un officier accuse des militaires tchadiens d’avoir soutenu la mutinerie de Niamey
Une semaine après la mutinerie qui a secoué Niamey fin août, un capitaine de l'armée nigérienne a mis en cause à la télévision publique des officiers tchadiens, sans apporter de preuve vérifiable. Ndjamena n'a pas réagi.

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Un capitaine de l’armée nigérienne a accusé, mardi 1er septembre à la télévision nationale, des officiers tchadiens d’avoir soutenu la mutinerie qui a secoué Niamey dans la nuit du 28 au 29 août. Selon plusieurs médias, l’officier, identifié comme le capitaine Roger Gabriel, du 1er bataillon parachutiste, affirme avoir reçu un appel téléphonique d’un homologue tchadien lui annonçant qu’une intervention pilotée par les autorités et les forces spéciales de son pays était en cours. Aucune preuve vérifiable n’a été produite à l’appui de ces accusations, et le Tchad n’a pour l’heure formulé aucune réaction officielle.
La mutinerie visée par ces accusations a éclaté dans la nuit du 28 au 29 août à Niamey. Plusieurs dizaines de militaires, appartenant pour l’essentiel aux forces spéciales, ont occupé la base aérienne 101 et pris pour cible les abords de l’aéroport international Diori-Hamani, du palais présidentiel et du siège de la télévision nationale. Le général Salifou Mody, ministre nigérien de la Défense, a assuré que « la prompte réaction des forces de défense et de sécurité » avait permis de circonscrire ce qu’il a qualifié de « mouvement d’humeur ». Aucun bilan officiel détaillé des victimes n’a été communiqué. Le groupe paramilitaire russe Africa Corps, présent sur la base 101, a participé à sa reprise, tandis que l’Algérie a dépêché quatre avions de combat Su-30 et un ravitailleur dès le 30 août.
Selon les informations recueillies par le site tchadien Alwihda Info, le capitaine Gabriel a également mis en cause des officiers tchadiens qu’il accuse d’avoir directement appuyé les mutins ayant pris la base 101, en plus de désigner des officiers nigériens et l’entourage de l’ex-président Mohamed Bazoum, renversé par un coup d’État en 2023, comme responsables. Ces accusations n’ont, à ce stade, été confirmées par aucune source indépendante.
Une région marquée par la défiance envers les partenaires de la France
Interrogé par RFI sur cette mise en cause du Tchad, Hoinathy Remadji, chercheur principal pour l’Afrique centrale et le bassin du lac Tchad à l’Institut d’études de sécurité (ISS), a estimé que « les pays qui collaborent avec la France sont perçus comme une menace » par les autorités militaires au pouvoir à Niamey depuis 2023. Le Niger a rompu ses accords de défense avec Paris et s’est rapproché de la Russie depuis le coup d’État du général Abdourahamane Tiani.
Le Tchad, qui accueille toujours des troupes françaises sur son territoire, se trouve depuis plusieurs mois au cœur de tensions régionales avec les pays de l’Alliance des États du Sahel. Ni le gouvernement tchadien ni l’état-major nigérien n’avaient, à la publication de cet article, commenté publiquement les déclarations du capitaine Gabriel.



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