RDC : condamné à 10 ans, Mutamba accuse l’entourage de Tshisekedi de complot

Dans une lettre datée du 20 septembre, l’ancien garde des Sceaux congolais conteste sa deuxième condamnation en un an, dénonce un « complot politico-judiciaire » et met directement en cause des collaborateurs de Félix Tshisekedi.

POLITIQUE
Constant Mutamba, ministre de la Justice congolaise
Constant Mutamba, ministre de la Justice congolaise
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Constant Mutamba a accusé des collaborateurs de Félix Tshisekedi d’être à l’origine d’un « complot politico-judiciaire » après sa condamnation à dix ans de travaux forcés dans l’affaire FRIVAO. Dans une lettre datée du 20 septembre, l’ancien ministre de la Justice rejette le verdict et appelle ses soutiens à « résister ».

La Cour de cassation a condamné Constant Mutamba le 18 septembre pour détournement de deniers publics liés au Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC. Son coaccusé Chançard Bolukola, ancien coordonnateur intérimaire du FRIVAO, a écopé de sept ans de travaux forcés.

Dans sa lettre adressée au peuple congolais et aux peuples d’Afrique, Constant Mutamba affirme avoir été victime d’un procès expéditif et soutient qu’aucune preuve de détournement n’aurait été produite contre lui. Il accuse certains collaborateurs de Félix Tshisekedi de lui prêter des ambitions présidentielles qu’il dit ne pas avoir exprimées et présente sa condamnation comme une tentative de l’écarter de la scène politique.

Cette version est contestée par les éléments retenus dans l’arrêt. La Cour a déclaré établies plusieurs opérations de détournement et ordonné la restitution de sommes au FRIVAO. Le jugement prononce aussi contre Constant Mutamba des sanctions complémentaires, dont cinq années d’interdiction du droit de vote et d’éligibilité après l’exécution de la peine, ainsi qu’une interdiction d’accès aux fonctions publiques et paraétatiques.

La chronologie judiciaire rapportée par l’Agence congolaise de presse montre par ailleurs que le procès s’est ouvert le 13 juillet et s’est poursuivi sur plusieurs audiences. Constant Mutamba avait assisté à l’audience d’ouverture, puis quitté la salle lors de la deuxième audience avant de refuser de comparaître à certaines séances suivantes. Le ministère public avait requis quinze ans de travaux forcés contre lui et Chançard Bolukola le 19 août.

Dans son message du 20 septembre, l’ancien garde des Sceaux maintient que les accusations sont politiquement motivées. Il affirme que ses adversaires chercheraient à le neutraliser et appelle ses partisans à « résister », sans annoncer à ce stade de nouvelle procédure judiciaire contre l’arrêt rendu par la Cour de cassation.

Constant Mutamba avait déjà été condamné le 2 septembre 2025 à trois ans de travaux forcés dans une autre affaire liée à la construction d’une prison à Kisangani. La Cour avait alors ordonné la restitution de 19 millions de dollars.

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