Procès contre le Daily Mail impliquant le prince Harry et Elton John
Un procès s’est ouvert à Londres le 19 janvier 2026 devant la Haute Cour de justice : le prince Harry, fils cadet du roi Charles III, poursuit l’éditeur du Daily Mail, Associated Newspapers Limited (ANL), qu’il accuse d’avoir obtenu illégalement des informations sur sa vie privée. Le procès, programmé pour durer neuf semaines, réunit au total sept plaignants et porte sur des pratiques présumées remontant principalement à la période 1993-2011, avec certains faits allégués jusqu’en 2018.

SOMMAIRE
Le prince Harry, qui réside en Californie avec son épouse Meghan et leurs deux enfants, était présent à l’ouverture de l’audience. Il reproche à ANL, éditeur du Daily Mail et du Mail on Sunday, le recours à des méthodes illégales pour obtenir des informations personnelles : installation présumée de dispositifs d’écoute dans véhicules et domiciles, piratage de conversations téléphoniques, paiements à des policiers pour accéder à des données confidentielles et obtention frauduleuse de dossiers médicaux.
Aux côtés du prince figurent six autres personnalités qui intentent des actions similaires : le chanteur Elton John et son époux David Furnish, les actrices Elizabeth Hurley et Sadie Frost, ainsi que Doreen Lawrence, mère de Stephen Lawrence. Tous sont représentés par l’avocat David Sherborne, connu pour avoir défendu, entre autres, Johnny Depp, la princesse Diana, Michael Douglas et Kate Moss.
Les enjeux judiciaires et les pièces du dossier
Les plaignants allèguent que ANL a collaboré avec des détectives privés et d’autres intermédiaires pour collecter des renseignements sensibles. Le groupe a rejeté ces accusations dans le passé, les qualifiant d’« absurdes ». Le procès doit permettre d’examiner sous serment les relations anciennes entre l’éditeur et des enquêteurs privés, alors que ANL affirme avoir interdit le recours à ces pratiques dès 2007.
Parmi les éléments cités par la presse figurent des personnages au rôle controversé dans l’instruction : Graham Johnson, ancien journaliste qui a admis des écoutes téléphoniques illégales, et Gavin Burrows, détective privé présenté comme central par les plaignants et qui a contesté la signature figurant sur une précédente déposition. Le juge devra également trancher sur la prescription éventuelle des faits : la règle générale prévoit un délai de six ans pour les atteintes à la vie privée, ce qui oblige les requérants à démontrer qu’ils n’avaient pas connaissance, jusqu’à une date récente, de la possibilité d’engager un recours.
Le calendrier d’audience prévoit notamment l’audition complète du prince Harry une journée de jeudi et la comparution, selon les informations de Sky News, de Sir Elton John, d’Elizabeth Hurley et de la baronne Doreen Lawrence. Le procès devrait s’étendre sur plusieurs semaines et mettra en lumière des pratiques journalistiques évaluées sur près de trente années par des juristes et des médias.
La procédure intervient après d’autres batailles judiciaires menées par le prince contre la presse britannique : en 2023, il avait obtenu la condamnation de Mirror Group Newspapers pour piratage de boîtes vocales et perçu 140 600 livres sterling de dommages et intérêts ; en janvier 2025, il avait obtenu un dédommagement et des « excuses sans réserve » de News Group Newspapers (propriétaire du Sun) pour piratage téléphonique et surveillance. Par ailleurs, il avait poursuivi ANL dans une affaire de diffamation liée à la couverture de sa protection policière, plainte qu’il a finalement retirée, selon le tabloïd, en janvier 2024.

Commentaires