Ouganda : vives réactions après la condamnation d’opposants au projet pétrolier EACOP
Huit militants ougandais opposés au projet pétrolier EACOP ont été condamnés à environ onze mois de prison pour « nuisance publique », après avoir passé plus de huit mois en détention provisoire. Leur jugement relance la polémique autour de la répression des manifestations contre le chantier.

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Les prévenus avaient été appréhendés lors d’un rassemblement qui visait notamment la Stanbic Bank, l’une des banques associées au financement du pipeline. Les organisateurs de la mobilisation dénoncent depuis la sévérité de la réponse judiciaire et estiment que la sanction n’est pas proportionnée aux faits reprochés.
La condamnation suscite une vague de réactions parmi les défenseurs de l’environnement et des droits civiques qui réclament des comptes aux acteurs financiers liés au projet. Ils pointent du doigt les établissements bancaires et les groupes économiques pour leur rôle, direct ou indirect, dans la mise en œuvre du programme pétrolier.
Abiud Onyach, porte‑parole de la coalition StopEACOP, a exprimé son indignation en soulignant l’incohérence entre les discours sur les critères environnementaux et sociaux et l’impunité dont, selon lui, bénéficient les entreprises quand des opposants sont détenus pour avoir protesté. Il demande que les institutions impliquées prennent leurs responsabilités.
Banques et société pétrolière dans le viseur des militants
Dans ses déclarations, Onyach a mis en cause des établissements comme KCB Bank Uganda et Stanbic Bank, ainsi que la maison mère sud‑africaine Standard Bank Group, considérés comme des acteurs financiers clés du projet. Il estime également que TotalEnergies, en tant qu’actionnaire majoritaire, doit répondre des conséquences sociales et environnementales liées à l’oléoduc.
Le porte‑parole de StopEACOP rappelle que, par le passé, certaines autorités ou entreprises avaient joué un rôle pour obtenir la libération de manifestants. Il s’étonne que ces mêmes acteurs restent aujourd’hui silencieux alors que des étudiants et d’autres militants passent de longues périodes en détention provisoire pour avoir pris part à des actions de protestation contre un projet dont ils estiment qu’il nuit aux communautés locales.



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