Nucléaire saoudien : Riyad prépare des pouvoirs d’inspection élargis pour l’AIEA
L’Arabie saoudite prépare un dispositif donnant à l’AIEA des pouvoirs supplémentaires de vérification sur des activités nucléaires sensibles, sans adopter pour autant le Protocole additionnel.

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L’Arabie saoudite prépare un dispositif qui donnera à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) des pouvoirs supplémentaires de vérification et de surveillance sur certaines activités nucléaires sensibles, dans le cadre de la coopération civile conclue avec les États-Unis.
Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a expliqué lundi 7 septembre à Vienne que les dispositions en préparation concerneraient notamment la conversion et l’enrichissement de l’uranium ainsi que le retraitement du combustible usé. Pour ces activités, l’agence disposerait de capacités proches de celles prévues par un Protocole additionnel.
Riyad ne prévoit toutefois pas, à ce stade, d’adopter ce Protocole additionnel dans son intégralité. Cet instrument donne à l’AIEA des moyens d’inspection plus larges que les accords de garanties classiques, notamment la possibilité de demander un accès rapide à des lieux non déclarés afin de vérifier l’absence d’activités nucléaires clandestines.
Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont signé le 22 juillet un accord de coopération nucléaire pacifique dit « accord 123 », accompagné d’un accord bilatéral de garanties. Le département américain de l’Énergie présente cet ensemble comme le cadre juridique d’un partenariat civil de plusieurs milliards de dollars, destiné notamment à ouvrir davantage le marché saoudien aux entreprises nucléaires américaines.
Des garanties renforcées sur les activités les plus sensibles
Le degré exact d’accès de l’AIEA doit encore être finalisé. Une fois les modalités arrêtées, l’accord bilatéral entre Riyad et l’agence sera soumis au Conseil des gouverneurs de l’AIEA, composé de 35 États.
La question de l’enrichissement est l’un des points les plus sensibles du partenariat américano-saoudien. Reuters et Associated Press ont rapporté que l’accord pourrait permettre au royaume de développer une capacité d’enrichissement de l’uranium et de construire des réacteurs avec des technologies américaines, un scénario qui nourrit les préoccupations des organisations spécialisées dans la non-prolifération.
Le renforcement des garanties intervient au moment où l’agence accroît également son suivi d’anciens dossiers nucléaires au Moyen-Orient. Elle a récemment placé sous surveillance internationale 73 tonnes d’uranium liées à l’ancien programme syrien, dans le cadre de la coopération engagée avec les nouvelles autorités de Damas.



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