Niger : Washington approuve 414 millions de dollars pour l’extraction de l’uranium de Dasa

Deux ans après le retrait de ses troupes du Niger, Washington revient sur un autre terrain stratégique : celui de l’uranium. La banque de développement américaine a donné son feu vert à un financement conditionnel pour la mine de Dasa, portée par le groupe canadien Global Atomic.

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Le conseil d’administration de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), l’agence fédérale américaine de financement du développement, a approuvé le 16 septembre une facilité de dette pouvant atteindre 414,2 millions de dollars pour le projet d’uranium de Dasa, au Niger, porté par la société minière canadienne Global Atomic. L’annonce a été faite par l’entreprise, basée à Toronto, qui présente le gisement, situé à environ 105 kilomètres au sud d’Arlit dans la région d’Agadez, comme l’un des plus riches d’Afrique en teneur d’uranium.

Cette approbation intervient deux ans après le départ forcé des troupes américaines du Niger, la junte au pouvoir depuis le coup d’État de juillet 2023 ayant alors jugé leur présence illégale avant de se tourner vers la Russie pour sa coopération sécuritaire. Selon Reuters, des responsables américains ont depuis cherché à renouer avec Niamey, voyant dans le projet Dasa l’occasion de sécuriser l’accès à une ressource jugée stratégique, l’uranium figurant depuis 2025 sur la liste américaine des minéraux critiques.

Le financement intervient également alors que le Niger est engagé dans un différend avec le groupe français Orano, historiquement dominant dans le secteur, qui a perdu le contrôle de certains actifs miniers dans le pays et a depuis engagé une procédure d’arbitrage international.

Le montant approuvé par la DFC ne représente pour l’instant qu’un accord de principe et non un décaissement. Global Atomic précise que plusieurs conditions doivent encore être remplies avant la signature définitive, à commencer par un accord direct à trouver avec le gouvernement nigérien, présenté par l’entreprise comme une condition centrale. S’y ajoutent l’obtention de garanties sur les autorisations nécessaires au remboursement du prêt depuis le Niger, la prolongation de la convention minière et du permis d’exploitation pour correspondre à la durée de la facilité, ainsi que l’identification d’une route d’exportation viable pour le yellowcake produit sur le site, l’ancien corridor traversant le Bénin jusqu’au port de Cotonou étant fermé depuis le changement de pouvoir de 2023. Les documents définitifs de financement restent par ailleurs à négocier avec la DFC.

Le projet appartient à 80 % à Global Atomic via la Société minière de Dasa (SOMIDA), l’État nigérien détenant les 20 % restants. L’entreprise prévoit, selon son étude de faisabilité révisée en 2026, une production totale de 68,1 millions de livres d’oxyde d’uranium sur plus de vingt ans, et affirme avoir déjà sécurisé des contrats portant sur 8,8 millions de livres pour les sept premières années d’exploitation.

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