Niger : engagement du président Tiani pour la souveraineté de l’uranium nigérien
Le président nigérien, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a visité vendredi dernier le site de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAÏR) près d’Arlit, quatre mois après la nationalisation de l’entreprise. Au cours de cette visite de proximité dans la région d’Agadez, le chef de l’État a inspecté les installations, salué la production réalisée depuis la reprise et annoncé le soutien financier de l’État pour relancer pleinement l’activité minière.

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Sur place, le président était accompagné de plusieurs membres du gouvernement et s’est entretenu avec le personnel opérationnel. L’objectif affiché de cette mission était double : mesurer les conditions de travail et de vie des salariés et confirmer publiquement la transformation de la SOMAÏR en entité entièrement contrôlée par l’État nigérien.
Lors de son déplacement, M. Tiani a dévoilé une plaque actant la nationalisation de la société, qualifiée par l’exécutif d’irréversible. Les agents de la mine ont accueilli cet acte comme une affirmation de la volonté de l’État de reprendre la main sur l’exploitation de l’uranium, ressource stratégique pour le pays. La société a, malgré les perturbations liées aux événements du 26 juillet 2023, poursuivi une production supérieure à 1 000 tonnes de yellow cake.
Inspection des installations et enjeux de souveraineté
Le président a salué le travail des équipes qui ont maintenu la production dans un contexte jugé difficile, et a assuré que l’État mettrait les moyens nécessaires pour redresser l’activité. Selon les autorités, le montant requis pour ramener la SOMAÏR à son plein niveau de fonctionnement est évalué à 50 milliards de FCFA. Cette évaluation financière figura au cœur des échanges entre la délégation gouvernementale et la direction de la mine.
Au cours de sa visite, M. Tiani est revenu sur près d’un demi-siècle d’exploitation de l’uranium dans la région d’Arlit, rappelant que les bénéfices de cette activité avaient majoritairement profité à des opérateurs étrangers, tandis que les populations locales subissaient les effets environnementaux et sanitaires liés à la radioactivité. Il a souligné la nécessité d’une orientation nouvelle afin que les ressources minérales profitent davantage au Niger et à ses habitants, annonçant la mise en œuvre de mesures concrètes dans ce sens.
La nationalisation a été présentée par le pouvoir comme s’inscrivant dans une démarche de transparence et de conformité aux normes internationales. Les autorités précisent vouloir établir des règles claires pour la commercialisation de l’uranium, assurant un cadre contractuel et opérationnel redéfini sous contrôle public. Les représentants du personnel ont exprimé leur approbation et ont perçu l’intervention de l’État comme une étape importante pour la pérennité de la société et le développement local.
Durant le déplacement, les responsables ont également examiné les infrastructures, les logements du personnel et les installations techniques afin d’identifier les priorités d’intervention. Les discussions ont porté sur le maintien de la sécurité des sites, la gestion des impacts environnementaux et la mise en place d’un plan de relance opérationnel aligné sur les objectifs définis par l’État. Le besoin estimé pour le bon fonctionnement de l’entreprise est fixé à 50 milliards de FCFA.

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