Niger : des riverains décrivent des détonations près de l’aéroport de Niamey
Peu après minuit ce jeudi, des rafales d’armes automatiques et des explosions ont réveillé des quartiers proches de l’aéroport international de Niamey, avant qu’un calme précaire ne revienne environ deux heures plus tard, selon des témoignages recueillis sur place et des communiqués officiels. Les habitants évoquent une nuit d’angoisse et d’incertitude alimentée par des détonations répétées perçues comme une attaque potentielle contre des installations militaires voisines.

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Des riverains ont raconté avoir entendu des salves prolongées venant de la zone de l’aéroport, certains se réfugiant avec leurs proches et récitant des prières jusqu’à l’aube. « Les tirs semblaient ne jamais s’arrêter », explique Ibrahim Boubacar, résident à proximité des pistes. D’autres témoins rapportent la peur des enfants et des familles réveillés en pleine nuit par les bruits d’explosions.
La chaîne publique Télé Sahel a diffusé un communiqué du ministère de la Défense faisant état d’une attaque dirigée contre la base aérienne 101 de Niamey. Selon la lecture officielle, l’assaut aurait été mené par un « groupe de mercenaires », provoquant des blessés parmi les forces armées et des dégâts matériels, notamment l’incendie d’un dépôt de munitions.
Bilan provisoire, arrestations et accusations portées par la junte
Le ministère a indiqué que quatre militaires avaient été blessés lors des échanges et que des équipements avaient subi des dommages. Les autorités ont également annoncé que 20 assaillants auraient été neutralisés et que 11 personnes avaient été interpellées. Parmi les personnes arrêtées, la majorité serait grièvement blessée, selon les informations officielles diffusées à la télévision d’État.
La junte au pouvoir, dirigée par le général Abdourahamane Tiani depuis le putsch de juillet 2023, a imputé la tentative d’attaque à des forces extérieures. Dans son allocution, le général Tiani a cité la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire comme étant, selon lui, impliquées dans un complot visant à déstabiliser le Niger. Ces accusations n’étaient pas étayées, au moment de la diffusion du communiqué, par des éléments publics supplémentaires vérifiables par des sources indépendantes.
Les autorités n’ont pas précisé l’identité complète des « mercenaires » ni l’origine exacte du groupe touché, limitant pour l’instant la communication aux chiffres d’arrestations et de neutralisations. Les forces de sécurité ont indiqué avoir rapidement engagé des moyens sur le terrain pour sécuriser la zone autour de la base aérienne touchée et éviter toute propagation des incendies provoqués par les explosions.
Le contexte sécuritaire du Niger reste marqué par des attaques jihadistes récurrentes dans plusieurs régions du pays. Depuis plus de deux ans, la gouvernance nationale est assurée par la junte du général Tiani, qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum en juillet 2023. Les tensions internes et les accusations entre la junte et des États étrangers s’inscrivent dans un climat régional déjà tendu, où les incidents militaires et les opérations antijihadistes se succèdent

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