Mathieu Kassovitz fustige le manque de courage des politiques français et soutient Dominique de Villepin
Mathieu Kassovitz, réalisateur et acteur engagé dans le film La Bataille de Gaulle, a livré dans Marianne une critique frontale de la classe politique française, associant l’évaporation du courage public à un déficit de leadership. Il reprend la figure du général de Gaulle comme étalon, qualifiant celle-ci d’« une grosse paire de couilles », pour dénoncer l’absence, selon lui, de chefs prêts à prendre des risques et à incarner des décisions fortes.

SOMMAIRE

Interrogé au sujet du long-métrage où il interprète l’amiral Darlan, Kassovitz trace un parallèle entre le mythe gaullien et la réalité politique contemporaine. Il reproche aux dirigeants actuels de privilégier la prudence et la communication de surface plutôt que l’exemple et l’engagement personnel, estimant que beaucoup se réclament d’un héritage sans en assumer la substance. Dans l’entretien, il affirme que « on ne peut se réclamer d’un tel courage que si l’on est soi‑même prêt à aller au feu ».
Le cinéaste décline également ses préférences politiques : historiquement abstentionniste — il affirme n’avoir « jamais voté de sa vie » — Kassovitz indique néanmoins être prêt, pour Dominique de Villepin, à rompre avec cette abstention. Son soutien se fonde notamment sur l’image du discours de Villepin aux Nations unies en 2003 et sur sa collaboration avec Antonin Baudry, ancien conseiller diplomatique de l’ex‑Premier ministre.
Le courage et les choix artistiques : entre mémoire historique et engagements contemporains
Pour illustrer sa lecture des comportements politiques, Kassovitz évoque le personnage de Darlan, figure historique marquée par des changements d’alliance pendant la Seconde Guerre mondiale, qu’il présente comme un exemple d’opportunisme tactique. Il situe, à ses yeux, le dernier grand héritier d’un certain tempérament politique dans la personne de Jacques Chirac, dont il reconnaît aujourd’hui la dimension humaniste malgré des souvenirs de propos polémiques de jeunesse (« le bruit et l’odeur »).
Dans ses propos, Kassovitz souligne l’importance, pour lui, d’une France indépendante et fidèle à ses valeurs, et il regrette de ne plus retrouver cette posture chez la plupart des responsables contemporains. Sa défense d’un type de leadership dont il fait l’éloge le conduit à citer l’opposition franco‑française à l’intervention en Irak en 2003 comme moment politique d’importance, associé au tandem Chirac‑Villepin.
Parallèlement à ses prises de position publiques, Kassovitz poursuit plusieurs projets artistiques. Il prépare l’adaptation de la bande dessinée La bête est morte !, annoncée pour Noël 2027 avec un budget de 25 millions d’euros, et dit explorer l’usage de l’intelligence artificielle pour stimuler la création artisanale tout en limitant la prépondérance des effets spéciaux numériques.
Sur le plan professionnel, il se démarque aussi par son indépendance : il n’a pas signé la tribune dite « Zapper Bolloré », préférant valoriser ses collaborations directes avec le groupe Canal+. Il appelle par ailleurs les artistes à porter leurs convictions à travers leurs œuvres, évoquant la possibilité que des producteurs comme Vincent Bolloré financent des projets s’ils présentent des propositions fortes.


Commentaires