Mali et Burkina Faso interdisent les voyages aux ressortissants américains en rétorsion

Mali et le Burkina Faso ont annoncé mardi soir l’interdiction d’entrée sur leur territoire aux ressortissants américains, en réplique directe à la décision des États-Unis d’exclure les citoyens maliens et burkinabè de l’accès au territoire américain. Cette mesure, annoncée par les ministères des Affaires étrangères des deux pays, s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques entre autorités militaires d’Afrique de l’Ouest et Washington.

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Les communiqués diffusés séparément précisent que l’application de l’interdiction se fonde sur le principe de réciprocité : les gouvernements de Bamako et de Ouagadougou appliqueront « les mêmes conditions et exigences » aux citoyens américains que celles imposées aux leurs par la décision américaine. Le texte malien reprend explicitement cette logique de symétrie dans les règles de circulation internationale.

Cette riposte intervient après une annonce de la Maison-Blanche datant du 16 décembre, qui étendait des restrictions de voyage préexistantes à vingt nouveaux pays, parmi lesquels figurent le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois États dirigés par des juntes militaires et récemment sortis d’organisations régionales traditionnelles.

Raisons officielles et contexte sécuritaire

Le communiqué du département d’État américain avait évoqué, parmi les motifs de la mesure, la persistance des attaques menées par des groupes armés dans la région, estimées à un niveau de risque élevé pour les voyageurs. Le Sahel, et en particulier les territoires du Mali et du Burkina Faso, connaissent depuis plusieurs années une extension des violences attribuées à des mouvements armés et à des groupes jihadistes, qui ont fragilisé la sécurité intérieure et précipité des crises politiques.

Au Mali et au Burkina Faso, les juntes qui ont pris le pouvoir en renversant des gouvernements civils ont justifié leurs coups d’État en pointant l’incapacité des autorités précédentes à contenir l’insécurité. Les nouveaux régimes ont affiché la volonté de lutter contre ces groupes, mais la dégradation de la situation sécuritaire est l’un des éléments invoqués par Washington pour son gel des facilités d’entrée.

Le Burkina Faso a fait signer la déclaration par son ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, qui a mis en avant des motifs proches de ceux exposés par Bamako. Les deux déclarations officielles reprennent la même logique juridique et diplomatique, s’appuyant sur la notion de traitement égal et sur la nécessité, selon les autorités, de protéger les ressortissants nationaux.

Les décisions prises par Bamako et Ouagadougou surviennent alors que ces pays ont amorcé des ruptures avec certaines instances régionales : ils font partie d’un regroupement séparatiste vis-à-vis de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ce qui a modifié les équilibres diplomatiques et multiplié les tensions sur la scène internationale.

La mesure réciproque est d’application immédiate selon les communiqués, qui ont été diffusés par les chancelleries sans autre précision sur les modalités pratiques d’exécution ni sur la durée prévue de l’interdiction. Les autorités ont rappelé les motifs sécuritaires et juridiques invoqués pour justifier la mesure, tandis que la situation sur le terrain reste marquée par des attaques et des affrontements entre forces étatiques et groupes armés impliquant des populations civiles

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12:46 Mali et Burkina Faso annoncent interdiction réciproque de voyages vers les États-Unis
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