Législatives 2026 au Bénin: Eugène Azatassou analyse les causes de l’échec des Démocrates
Le parti d’opposition Les Démocrates n’a remporté aucun siège à l’Assemblée nationale à l’issue des élections législatives du 11 janvier 2026. Un revers électoral que Eugène Azatassou, vice-président de la formation politique, a tenté d’expliquer dans une interview accordée à ESAE TV.

Selon les résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle, Les Démocrates ont obtenu environ 16 % des suffrages valablement exprimés au plan national. Un score insuffisant pour franchir le seuil légal de 20 % requis dans chacune des circonscriptions électorales pour accéder à la répartition des sièges parlementaires.
Pour Eugène Azatassou, cet échec s’explique d’abord par des insuffisances internes. Il reconnaît que le parti n’a pas accompli tout le travail nécessaire pour convaincre l’électorat et regrette l’absence d’une véritable dynamique unitaire de l’opposition, qui aurait permis de mutualiser les forces et d’éviter la dispersion des voix.
Le vice-président des Démocrates pointe également des difficultés rencontrées sur le terrain durant la campagne. Il évoque des rassemblements empêchés ou perturbés sous divers prétextes administratifs ou sécuritaires, ce qui aurait, selon lui, réduit la capacité de mobilisation et la visibilité du parti dans plusieurs localités.
La question des moyens financiers est aussi mise en avant. Eugène Azatassou affirme que sa formation politique fait face à un déficit de financement depuis 2023, une contrainte majeure dans un contexte électoral marqué par des campagnes coûteuses et fortement concurrentielles.
À ces facteurs s’ajoute, selon lui, une fragilisation de la dynamique politique interne, liée notamment à la perspective de l’élection présidentielle de 2026. L’absence de clarification autour d’une candidature forte et consensuelle aurait, d’après son analyse, pesé sur l’engagement militant et la lisibilité de l’offre politique du parti.
Enfin, Eugène Azatassou regrette le manque d’implication effective de certains alliés politiques, estimant que l’opposition n’a pas su, à des moments décisifs, faire front commun pour peser réellement dans le rapport de forces électoral.
Malgré cet échec, le responsable politique appelle à une relecture lucide et sans complaisance des résultats, dans la perspective d’une réorganisation de l’opposition et d’un repositionnement stratégique en vue des prochaines échéances électorales.

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