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Le Niger crée la SNPI, une société publique pour gérer les pipelines intérieurs d’hydrocarbures

Le gouvernement nigérien a adopté le lundi 18 mai 2026, en conseil des ministres, le décret portant création de la Société Nigérienne des Pipelines Intérieurs (SNPI). Cette entité, constituée sous la forme d’une société anonyme dont l’État est l’unique actionnaire, est chargée de la gestion, de l’exploitation, de la maintenance et de la sécurisation des réseaux de transport d’hydrocarbures par canalisations sur l’ensemble du territoire, selon le communiqué final du conseil des ministres rapporté par l’Agence Nigérienne de Presse (ANP).

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Conduite de pipeline en cours d’installation dans une tranchée, avec engins de chantier et ouvriers au loin
Pipeline Bénin-Niger
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La création de la SNPI formalise le retour dans le patrimoine de l’État du pipeline reliant la zone d’Agadem à la raffinerie de Zinder, exploitée par la Société de Raffinage de Zinder (SORAZ). Selon le gouvernement, cette canalisation d’environ 460 kilomètres, construite par la China National Petroleum Corporation (CNPC), est entrée dans le domaine public nigérien dès 2019, au titre du mécanisme dit du « cost oil » prévu par le Contrat de Partage de Production liant l’État au groupe pétrolier chinois.

La SNPI est également chargée de conduire les études de conception, d’extension et de modernisation des réseaux existants. La structure s’inscrit dans le cadre du décret n° 2021-925 du 1er novembre 2021 portant création, tutelle et contrôle des entreprises publiques, et des dispositions de l’Acte uniforme de l’OHADA relatif au droit des sociétés.

L’organe de direction de la nouvelle société n’avait pas encore été nommé au moment de la publication de cet article, et aucun calendrier d’entrée en activité opérationnelle n’a été rendu public par le gouvernement.

Le pipeline Agadem-Zinder, premier actif confié à la SNPI

La canalisation Agadem-Zinder constitue l’infrastructure de référence de la nouvelle société. D’un diamètre de 13 pouces environ et long de quelque 460 kilomètres, ce pipeline achemine depuis 2011 le brut extrait du champ d’Agadem, dans le bassin de Termit à l’est du Niger, vers la raffinerie de Zinder, dont la capacité de traitement est de 20 000 barils par jour. La SORAZ est une coentreprise dans laquelle la CNPC détient 60 % des parts et l’État nigérien 40 %. Les réserves du champ d’Agadem étaient estimées à 483 millions de barils lors de leur évaluation initiale ; elles ont depuis été réévaluées à la hausse, certaines sources évoquant près d’un milliard de barils.

La raffinerie, inaugurée le 28 novembre 2011, produit principalement du gazole et du super-carburant pour le marché domestique nigérien. Le surplus de production est exporté. La reprise formelle du pipeline dans le patrimoine public, actée juridiquement dès 2019 mais sans structure dédiée à sa gestion jusqu’à présent, donnait lieu depuis lors à une situation d’exploitation sans cadre institutionnel propre à l’État.

La SNPI devra notamment garantir la « disponibilité technique » du pipeline et la « continuité du transport du brut entre Agadem et la SORAZ », selon les termes du communiqué gouvernemental. La maintenance de cette infrastructure conditionne directement les capacités de raffinage domestique du pays.

Une nationalisation partielle dans un contexte de repositionnement pétrolier

La création de la SNPI s’inscrit dans une série de décisions du gouvernement de transition, dirigé par le général Abdourahamane Tiani depuis le coup d’État de juillet 2023, visant à renforcer le contrôle de l’État sur les actifs stratégiques du secteur des hydrocarbures. Niamey a par ailleurs suspendu en 2024 les exportations via le pipeline Niger-Bénin, ouvrage d’environ 1 980 kilomètres construit par la CNPC pour un coût de 7 milliards de dollars, qui relie Agadem au terminal portuaire de Sèmè au Bénin. Des discussions ont été engagées avec le Tchad pour une éventuelle réorientation des exportations vers le pipeline Tchad-Cameroun.

Le Niger est producteur de pétrole depuis 2011, date d’ouverture du champ d’Agadem. Sa production, destinée pour l’essentiel au marché intérieur via la SORAZ, était censée atteindre 110 000 barils par jour avec la pleine montée en puissance du pipeline d’exportation vers le Bénin, dont 90 000 réservés à l’export. Cette trajectoire reste suspendue aux décisions de Niamey sur la voie d’exportation à privilégier.

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