La RDC va procéder à un recensement de sa population, la deuxième depuis 1984
La République démocratique du Congo a engagé officiellement la préparation d’un recensement national, plus de quatre décennies après le dernier exercice exhaustif. Les autorités ont réuni bailleurs et partenaires à Kinshasa le 23 mars pour obtenir des engagements financiers destinés à mener à bien ce nouveau dénombrement de la population et de l’habitat, devenu une priorité affichée de la présidence.

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Au terme de la table ronde, les promesses de financement approchent les 210 millions de dollars, pour un besoin estimé à environ 192 millions. Les organisateurs se sont réjouis d’avoir atteint un niveau d’engagement jugé suffisant pour lancer la préparation malgré le fait qu’une partie des fonds annoncés servira aussi à accompagner le processus électoral ou à renforcer l’Institut national de la statistique.
Les autorités envisagent de lancer la première phase, consacrée à la cartographie, dès juillet 2026. La tâche est considérable : les dernières données de recensement datent de 1984, et la démographie du pays a connu une croissance spectaculaire depuis lors, faisant passer les estimations de l’époque à des niveaux aujourd’hui évalués à plus d’une centaine de millions d’habitants.
Participants et responsables ont souligné l’impératif d’aller jusqu’au bout de l’opération pour que les politiques publiques reposent sur des informations fiables. Selon la présidence, gouverner sans chiffres précis reviendrait à agir « à l’aveugle » face aux besoins réels de la population.
Financement et affectation des ressources
Si les montants promis dépassent légèrement la somme requise, plusieurs donateurs ont précisé que leur soutien ne serait pas exclusivement dédié aux seules opérations de terrain du recensement. Des parts des financements doivent appuyer des activités connexes, notamment le renforcement des capacités de l’outil statistique national et certains aspects du calendrier électoral.
La ministre du Plan, Judith Suminwa Tuluka, a rappelé que l’absence de données récentes entrave la capacité de l’État à répondre efficacement aux besoins des citoyens, insistant sur le fait qu’un recensement actualisé est indispensable pour orienter les investissements publics et les politiques sociales.



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