Kenya : sécheresse réduit les troupeaux et fragilise les éleveurs
Le comté de Mandera, dans le nord-est du Kenya, fait face à une sécheresse sévère : aucune pluie significative n’est tombée depuis mai et les communautés pastorales le long des frontières avec l’Éthiopie et la Somalie subissent des pertes massives de bétail et un stress hydrique croissant, alors que les autorités locales classent la situation au stade d’« alarme ». Plus de deux millions de personnes, réparties dans 23 comtés du pays, sont désormais confrontées à une insécurité alimentaire qui s’amplifie.

SOMMAIRE
Sur le terrain, des villageois décrivent des scènes de désolation : de nombreux troupeaux sont réduits à des carcasses. Dans plusieurs localités, des habitants ont transporté des animaux morts vers des terrains éloignés pour les incinérer, une opération effectuée dans des conditions précaires. Les éleveurs rapportent que les pertes sont considérables et que ces décès frappent au cœur de leur économie domestique.
Un éleveur local a expliqué avoir perdu près d’une trentaine de têtes de bétail, précisant que ces animaux constituaient l’essentiel des ressources de sa famille. Les responsables administratifs du comté mettent en avant le besoin urgent d’eau potable et d’aliments pour bétail : sans distributions rapides, les dernières bêtes en vie risquent de succomber en l’espace d’un mois, aggravant la vulnérabilité des foyers pastoraux.
Impacts opérationnels et besoins humanitaires
Les autorités de gestion de la sécheresse ont placé environ neuf comtés en état d’alerte et maintiennent Mandera en phase « d’alarme », juste en deçà du seuil d’urgence officielle. Le recours accru aux camions‑citerne pour approvisionner les communautés a allongé les distances et les coûts logistiques, réduisant l’efficacité des interventions et laissant des zones encore mal desservies.
Les responsables de la Croix‑Rouge locale signalent que l’augmentation des trajets pour l’acheminement de l’eau coïncide avec une montée des mortalités animales, phénomène qui risque de provoquer des répercussions durables sur les moyens de subsistance des communautés pastorales. À court terme, les besoins identifiés incluent l’eau, le fourrage et des mesures sanitaires pour prévenir la contamination associée aux carcasses.
Au plan régional, le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET) a estimé que 20 à 25 millions de personnes au Kenya, en Somalie et en Éthiopie nécessitent une aide alimentaire humanitaire. Plus de la moitié de ces besoins humanitaires sont attribuables à la sécheresse actuelle, qui touche de vastes zones pastorales et agropastorales.
Les rapports de terrain font état de communautés dont la survie économique dépend presque exclusivement du bétail, avec des familles qui ont déjà enregistré des pertes cumulées de plusieurs dizaines de têtes et des administrations locales qui recensent des zones où l’accès à l’eau est devenu sporadique

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