Kenya : Nairobi ouvre la porte à davantage de maïs ougandais sous conditions sanitaires
Le Kenya se dit prêt à accroître ses achats de maïs en provenance d’Ouganda, à condition que les cargaisons respectent strictement les normes de séchage et de contrôle de l’aflatoxine. Les deux pays veulent profiter de la ZLECAf pour fluidifier leurs échanges agricoles.


Le Kenya se dit prêt à accroître ses achats de maïs en provenance d’Ouganda, à condition que les cargaisons respectent strictement les normes de séchage et de contrôle de l’aflatoxine. Les deux pays veulent profiter de la ZLECAf pour fluidifier leurs échanges agricoles.
NAIROBI — Le gouvernement kényan a ouvert mardi 8 septembre la voie à une hausse des importations de maïs ougandais, tout en posant comme condition préalable le respect des normes de sécurité alimentaire. Le ministre kényan de l’Agriculture, Mutahi Kagwe, a estimé que l’Ouganda pouvait fournir une partie des besoins du Kenya, mais a insisté sur la qualité du séchage du grain et sur l’absence d’aflatoxines.
Cette position a été exprimée lors d’une rencontre à Nairobi avec une délégation de la commission de l’Agriculture du Parlement ougandais. Les discussions ont porté sur l’augmentation des échanges agricoles entre les deux voisins, sur la réduction des barrières commerciales et sur une meilleure utilisation des mécanismes de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
« Nous pouvons acheter, mais nous avons besoin d’un maïs exempt d’aflatoxines », a déclaré Mutahi Kagwe, selon l’agence publique Kenya News Agency. Le ministre a souligné que certains minotiers kényans restaient prudents face aux cargaisons venues d’Ouganda en raison des risques liés à l’humidité et aux toxines produites par certaines moisissures lorsque les céréales sont mal séchées ou mal stockées.
Le dossier dépasse la seule question sanitaire. Nairobi et Kampala cherchent aussi à renforcer leurs chaînes de valeur agricoles et à faciliter le commerce transfrontalier dans un marché est-africain fortement intégré. La délégation ougandaise a notamment discuté avec les autorités kényanes de l’harmonisation des normes, de la suppression de barrières non tarifaires et du développement de la transformation locale.
Pour l’Ouganda, l’ouverture du marché kényan représente un débouché important pour les producteurs de maïs. Le ministère ougandais de l’Agriculture présente depuis plusieurs années le développement de la filière maïs comme un axe de commercialisation et d’amélioration des revenus des exploitants, avec un accent sur le stockage, la transformation et la qualité des produits destinés aux marchés régionaux.
Le Kenya veut toutefois éviter que l’augmentation des volumes ne se fasse au détriment de la sécurité des consommateurs. Les autorités insistent sur le séchage du maïs avant son passage à la frontière et sur les contrôles sanitaires à l’importation. L’aflatoxine constitue un enjeu récurrent dans le commerce des céréales en Afrique de l’Est, où les conditions de stockage peuvent favoriser la contamination.
Au-delà du maïs, les échanges entre les deux pays portent sur un ensemble plus large de produits agricoles. Les discussions de Nairobi ont également abordé la coopération en matière de technologies agricoles, de lutte contre les ravageurs, de stockage, de changement climatique, de valeur ajoutée et d’accès aux marchés.
La volonté affichée par les deux gouvernements intervient dans un contexte où les États d’Afrique de l’Est cherchent à sécuriser leurs approvisionnements alimentaires tout en augmentant le commerce régional. Pour le Kenya, la possibilité d’acheter davantage de maïs ougandais pourrait contribuer à diversifier l’offre, à condition que les contrôles sanitaires soient renforcés en amont.



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