Iran : plus de 6 000 morts vérifiés selon HRANA
L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) a annoncé, mardi 27 janvier, la confirmation de la mort de plus de 6 000 personnes dans le cadre des manifestations qui ont secoué l’Iran au début du mois, et fait état d’une enquête en cours sur quelque 17 000 autres décès potentiels, alors que les organisations de défense des droits humains dénoncent une répression sanglante entravée par une coupure généralisée d’internet.

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Dans son communiqué, HRANA précise que les données actuellement vérifiées portent sur plusieurs milliers de victimes identifiées, tout en indiquant que leur comptage reste incomplet et susceptible d’évolution. L’ONG affirme poursuivre un travail de recoupement des signalements reçus et d’examen des cas rapportés par des sources locales et des familles.
Des groupes de défense des droits humains, locaux et internationaux, ont exprimé des réserves sur la précision des bilans diffusés jusqu’à présent, soulignant l’impact majeur de la restriction des communications sur la capacité à documenter les violences et à obtenir des informations fiables en temps réel. Les organisations estiment que le chiffre final pourrait être nettement supérieur à ceux rendus publics.
Obstacles à la vérification et impact de la coupure d’internet
La coupure générale d’internet, effective depuis le 8 janvier selon plusieurs sources, a profondément compliqué la collecte de témoignages, l’envoi de preuves visuelles et la coordination entre acteurs de terrain. Les ONG rapportent que des familles peinent à contacter des proches retenus ou blessés, que des témoins ne peuvent pas partager d’éléments corroborant les cas de décès, et que les équipes de documentation rencontrent des retards importants dans la transmission des informations.
HRANA indique que ses enquêteurs travaillent à compiler des dossiers individuels lorsque cela est possible, en s’appuyant sur des signalements émanant de réseaux communautaires et de correspondants sur le terrain. L’agence souligne toutefois les limites imposées par l’isolement des zones concernées, l’absence d’accès sécurisé à certaines localités et les risques encourus par les personnes tentant de documenter les événements.
Les organisations réunies autour du suivi des violations des droits humains évoquent également des difficultés liées à la vérification indépendante des circonstances des décès : identification formelle des victimes, établissement des causes de la mort et recoupement des récits. Ces processus, demandant souvent des présomptions multiples et des confirmations médicales ou administratives, sont ralentis par l’absence de communication et par les restrictions sur les déplacements signalées par des observateurs.
Selon HRANA, la procédure d’enquête inclut la compilation de listes nominatives, la collecte de témoignages directes lorsque possible, ainsi que le croisement d’éléments visuels et de rapports locaux. Les ONG ont appelé à la transparence et à la possibilité pour des acteurs indépendants d’accéder aux zones affectées, alors que la coupure d’internet, mise en place depuis le 8 janvier

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