Indonésie : les incendies émettent 19,7 millions de tonnes de CO₂ en une semaine

Les feux de forêt et de tourbière en Indonésie ont émis 19,7 millions de tonnes de CO₂ entre le 1er et le 7 septembre, le niveau le plus élevé au monde sur cette période. Le brouillard de fumée continue aussi de perturber la scolarité de plus de 1,4 million d’élèves.

ENVIRONNEMENT
Épais brouillard de fumée au-dessus d’une zone résidentielle du Kalimantan, en Indonésie, en août 2026
Photo : PadukaYash / Wikimedia Commons
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Les incendies de forêt et de tourbière qui frappent l’Indonésie ont émis 19,7 millions de tonnes de dioxyde de carbone entre le 1er et le 7 septembre 2026, soit le niveau le plus élevé enregistré dans le monde sur cette période, selon des données du service européen Copernicus rapportées mercredi 9 septembre par Reuters.

Ces émissions représentent plus du tiers du total mondial lié aux feux pendant la première semaine de septembre et dépassent de 273 % la moyenne saisonnière en Indonésie. Les foyers se concentrent notamment à Kalimantan, sur l’île de Bornéo, et dans l’est de Sumatra, où la sécheresse et un épisode El Niño particulièrement intense entretiennent les incendies.

La crise a aussi de lourdes conséquences sur l’éducation. À Palembang, capitale de la province de Sumatra du Sud, plus de 250 000 élèves de 1 030 établissements, de la maternelle au collège, ont basculé vers les cours à distance mercredi en raison de la dégradation de la qualité de l’air provoquée par les incendies. À l’échelle du pays, plus de 1,4 million d’élèves ont déjà été concernés par l’enseignement à distance à cause des fumées, selon l’Associated Press.

Le brouillard de fumée s’étend sur une grande partie de Sumatra et de Bornéo. L’agence météorologique indonésienne BMKG a indiqué avoir détecté le 7 septembre de la fumée dans neuf provinces, dont Riau, Jambi, Sumatra du Sud, Kalimantan occidental, Kalimantan central et Kalimantan oriental.

La BMKG considère septembre comme une phase critique pour les feux de forêt et de végétation. L’agence met en avant la persistance d’un temps sec, la forte activité des points chauds et un El Niño toujours classé très puissant à la fin du mois d’août, des conditions qui limitent la formation de pluie dans plusieurs régions.

Une saison des feux qui s’intensifie

Les données analysées par Copernicus montrent une accélération marquée depuis le début du mois. Reuters fait état de 13 443 points chauds détectés entre le 1er août et le 8 septembre, contre 9 454 sur la même période en 2015, année d’une crise majeure de pollution par les fumées en Asie du Sud-Est.

Les autorités indonésiennes ont renforcé les opérations terrestres et aériennes. Plus de 50 appareils sont mobilisés pour les largages d’eau et l’ensemencement des nuages, tandis que plusieurs milliers de militaires participent aux opérations dans les provinces les plus touchées.

Le Japon a également envoyé trois hélicoptères de transport CH-47 Chinook et environ 180 membres d’équipage pour appuyer les efforts indonésiens. Les appareils doivent être basés à Pontianak, dans le Kalimantan occidental, avant des opérations prévues du 12 au 19 septembre.

La fumée dépasse les frontières indonésiennes

Les panaches ont également affecté des zones de Malaisie et des Philippines. La Malaisie a déjà dû prendre des mesures d’urgence dans une partie de l’État de Sarawak, sur l’île de Bornéo, après une forte dégradation de la qualité de l’air.

En Indonésie, les autorités locales conditionnent la reprise des cours en présentiel à une amélioration de la qualité de l’air. À Palembang, l’enseignement à distance doit rester en vigueur tant que les concentrations de polluants liées aux fumées demeurent à un niveau jugé dangereux pour les enfants.

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