Guinée-Bissau : les navires-usines chinois accusés d’épuiser les ressources halieutiques locales
Une enquête récente a jeté le voile sur des opérations au large de la Guinée-Bissau où des cargos présentés officiellement comme des navires de transport se muent en usines flottantes, transformant sur place d’importantes quantités de petits poissons en farine et en huile destinées à l’exportation.

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Ces bâtiments, restés longuement ancrés aux abords des îles Bijagos, auraient recours à des transbordements en pleine mer et à la désactivation de leurs systèmes de géolocalisation pour échapper aux contrôles. Le dispositif repose sur une chaîne d’acteurs dissimulée, incluant des chalutiers et des flottilles étrangères, qui prélèvent massivement des pélagiques afin d’alimenter les usines embarquées.
Le produit fini — farines et huiles de poisson — est essentiellement orienté vers les filières d’aquaculture et d’élevage, intégrant ces captures directement dans des circuits commerciaux internationaux sans que la transformation ne passe par les ports locaux.
Sur le terrain, ce mode d’exploitation a des répercussions immédiates car les ressources halieutiques s’épuisent plus vite, les prix du poisson flambent et les prises des pêcheurs artisanaux deviennent de plus en plus rares, menaçant leurs revenus et la sécurité alimentaire des communautés côtières.
Conséquences pour la pêche artisanale
Dans un pays où le poisson représente la principale source de protéines pour une large part de la population, la raréfaction des bancs de sardinelles bouleverse les équilibres locaux. Des milliers de pêcheurs traditionnels constatent une baisse significative de leurs captures, ce qui les pousse à réduire leurs ventes et fragilise leur subsistance quotidienne.
Cette captation à grande échelle transforme une ressource locale en marchandise internationale. Prélevée près des côtes, transformée en mer puis exportée, elle alimente des chaînes de valeur globales au profit d’opérateurs extérieurs, au détriment des acteurs et des économies riveraines.
Les autorités nationales ont annoncé des interdictions visant ces pratiques, mais l’application reste entravée par l’insuffisance des moyens d’intervention en mer. Faute de surveillance et de coopération régionale renforcée, l’activité illicite continue d’aggraver la pression sur un écosystème déjà vulnérable.



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