Grossesse et post-partum, quand le mal-être dépasse le « baby blues »
Une alerte publiée au Kenya remet en lumière les signes de dépression périnatale. Tristesse persistante, anxiété, fatigue ou troubles du sommeil ne doivent pas être banalisés lorsqu’ils durent ou s’intensifient.


Au Kenya, The Star a consacré ce dimanche 13 septembre une alerte aux signes psychiques qui peuvent apparaître pendant la grossesse ou après l’accouchement. Tristesse persistante, anxiété envahissante, baisse d’énergie, troubles du sommeil ou de l’appétit font partie des changements qui méritent une attention particulière lorsqu’ils s’installent.
Après la naissance, quelques jours de fatigue, d’irritabilité ou de larmes peuvent relever du « baby blues ». Le National Institute of Mental Health rappelle que ces variations d’humeur sont généralement légères et brèves. Lorsqu’une tristesse ou une anxiété devient intense, gêne le quotidien ou se prolonge au-delà de deux semaines, un professionnel de santé doit pouvoir évaluer la situation.
La dépression périnatale peut aussi commencer pendant la grossesse. L’American College of Obstetricians and Gynecologists recommande d’ailleurs un dépistage de la dépression et de l’anxiété au début du suivi prénatal, plus tard pendant la grossesse puis lors des consultations du post-partum. Ce dépistage repose sur des outils validés et ne se confond pas avec un autodiagnostic.
Les signes possibles ne se limitent pas à la tristesse. Une perte d’intérêt pour les activités habituelles, un sentiment de culpabilité ou de désespoir, une fatigue inhabituelle, des difficultés de concentration, des changements marqués du sommeil ou de l’alimentation et, après la naissance, une grande difficulté à créer un lien avec le bébé peuvent aussi conduire à demander un avis médical.
L’Organisation mondiale de la santé indique que jusqu’à une femme sur cinq peut connaître une dépression ou une anxiété après l’accouchement. Dans une période où le sommeil est déjà fragmenté et où la fatigue est fréquente, l’intensité des symptômes, leur durée et leur retentissement sur les gestes du quotidien sont des éléments importants à signaler pendant une consultation.
Certains symptômes exigent une prise en charge urgente. Des idées de mort ou de suicide, la crainte de faire du mal au bébé, des hallucinations, des convictions délirantes, une confusion importante ou un état d’excitation inhabituel ne doivent pas attendre un rendez-vous ordinaire. Le NIMH décrit notamment la psychose du post-partum comme une urgence psychiatrique nécessitant une aide immédiate.
Le soutien de l’entourage peut compter sans remplacer l’évaluation médicale. Un proche peut aider à prendre rendez-vous, accompagner vers une maternité ou un centre de santé et alléger les tâches quotidiennes pendant que la situation est évaluée.



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