États-Unis : l’UE attend que les États-Unis respectent l’accord commercial, dit la Commission
La Commission européenne a invité dimanche 22 février 2026 les autorités américaines à honorer les engagements pris dans la déclaration conjointe liant Bruxelles et Washington, au lendemain d’une annonce du président Donald Trump visant à relever des droits de douane. L’exécutif européen a rappelé que, dans une relation commerciale d’une telle importance, les accords signés doivent être respectés réciproquement.

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Dans son communiqué, Bruxelles a souligné sa position de premier partenaire commercial des États‑Unis et a réclamé la même bonne foi que celle qu’elle affirme observer à son tour vis‑à‑vis de Washington. La formulation insiste sur l’idée qu’un engagement politique n’est pas négociable une fois conclu, et que toute modification unilatérale remettrait en cause la confiance commerciale entre les deux rives de l’Atlantique.
La demande de clarification de la Commission intervient dans un contexte juridique et politique tendu : la Cour suprême américaine a jugé que l’administration avait outrepassé ses pouvoirs en s’appuyant sur une loi d’urgence pour imposer un vaste régime de surtaxes, décision qui fragilise la base légale de ces mesures et interroge la portée de l’accord transatlantique conclu l’été dernier. Cette décision a été saluée par certains milieux économiques européens, qui y voient un retour à un cadre juridique ordinaire, mais elle plonge aussi les entreprises dans l’incertitude sur les droits déjà acquittés et sur les conditions à venir.
Face à ce revers judiciaire, la Maison‑Blanche a réagi en annonçant d’abord un prélèvement global de 10 % sur une large partie des importations, puis en indiquant samedi son intention d’élever cette taxe à 15 %, niveau maximal permis selon les textes invoqués par l’exécutif. La présidence américaine a précisé des modalités d’application qui devraient entrer en vigueur le 24 février, ce qui laisse peu de temps aux partenaires commerciaux pour ajuster leurs stratégies.
Réactions et enjeux pour l’industrie européenne
Du côté européen, la montée des tensions tarifaires suscite des appels à une réponse coordonnée : les industriels et les autorités nationales demandent des mesures pour protéger les filières les plus exposées et envisagent des contre‑mesures commerciales ciblées si les hausses décidées à Washington devaient se confirmer. Les débats au Parlement européen sur l’application ou la suspension de l’accord signé l’an dernier s’annoncent vifs, alors que certains eurodéputés réclament des mécanismes permettant de bloquer ou de remettre en cause l’accord en cas d’abus de la part des États‑Unis.
Sur le plan pratique, les exportateurs s’inquiètent déjà des effets sur leurs carnets de commandes et sur la chaîne d’approvisionnement : une surtaxe générale de 15 % pèserait particulièrement sur des secteurs comme l’automobile, le vin et certains produits manufacturés, amplifiant le risque d’évaporation de marges et de relocalisations. Les autorités communautaires évaluent simultanément des options juridiques et économiques pour limiter l’impact sur les entreprises européennes.
Enfin, les responsables bruxellois assurent maintenir un dialogue étroit avec Washington pour obtenir des éclaircissements sur les intentions de l’administration américaine et pour préserver, autant que possible, la stabilité des échanges transatlantiques — une priorité affichée aussi bien pour les gouvernements que pour les acteurs privés qui dépendent d’un cadre commercial prévisible. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si l’escalade annoncée se traduira par une mise en œuvre pleine et rapide des nouvelles taxes ou par un compromis révisé entre les deux partenaires.

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