Emmanuel Macron face à la gronde des agriculteurs qui demandent qu’il « dégage »
Samedi 21 février, l’ouverture du Salon de l’agriculture à Paris Expo Porte de Versailles a été marquée par une ambiance contrastée : la 62e édition, annoncée comme « Générations Solutions » et rassemblant quelque 4 000 animaux et plus de 1 100 exposants jusqu’au 1er mars, se tient dans un contexte de forte tension entre le monde agricole et l’État, alors qu’Emmanuel Macron effectue une visite présidentielle très attendue.

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Le rendez-vous annuel, qui transforme la Porte de Versailles en « la plus grande ferme de France », a souffert d’un absent notable : les vaches, qualifiées de grandes absentes de ce cru 2026, en raison de l’urgence sanitaire liée à la dermatose bovine et de la colère prolongée d’une partie des éleveurs. Cette absence a créé un vide visuel et symbolique au cœur du pavillon de l’élevage, alors que la problématique sanitaire et la contestation agricole occupent le devant de la scène depuis plusieurs mois.
Les organisations syndicales agricoles multiplient les actions : troisième hiver de mobilisation consécutif, mouvements de masse et blocages visant à obtenir des actes concrets pour sauver des exploitations menacées. La lassitude exprimée par une partie des agriculteurs cible à la fois l’instabilité gouvernementale et la gestion des crises sanitaires, au point d’affecter la présence et la mise en valeur des élevages au Salon.
Visite présidentielle et tensions publiques
À son arrivée, le président de la République a entamé la visite en compagnie du ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Selon l’AFP, des mesures de sécurité particulières ont été mises en place : environ 250 policiers en civil auraient été mobilisés pour accompagner la délégation présidentielle. Durant sa déambulation, Emmanuel Macron a rappelé l’importance du Salon pour « montrer les produits, les productions » et valoriser « la force de notre agriculture et de nos industries agro-alimentaires », selon ses propos tenus devant les journalistes.
L’Élysée a annoncé que le chef de l’État avait pris l’engagement d’organiser une réunion au Palais réunissant les Chambres, syndicats et interprofessions ; proposition confirmée par la présidence à TF1-LCI. Le président a également abordé la question sanitaire de la dermatose bovine, se félicitant que la France « soit en train de gagner durablement le combat contre la dermatose » et rappelant qu’aucun nouveau cas n’a été enregistré depuis le 2 janvier.
Malgré cette volonté affichée de dialogue, des délégations venues manifester leur mécontentement ont pris la parole dans les allées du Salon. Des membres de la Coordination rurale, coiffés de bonnets jaunes et munis de pancartes, ont exprimé leur colère et leur exaspération face à la situation. Karine Duc, co-présidente de la section du Lot-et-Garonne, a dénoncé la posture du pouvoir en déclarant : « Ça suffit d’avoir des gens à la tête du pays qui n’en ont strictement rien à faire de vous et de nous (…) On est en train de crever la gueule ouverte », ajoutant qu’elle et ses pairs n’ont pas pu accéder au président et concluant par : « On est presqu’à 50m de lui (…). Il faut qu’il dégage ».

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