Elections au Bénin: retards à l’ouverture des bureaux, la CBDH observe un scrutin sans violence
Dans le cadre du suivi citoyen du double scrutin communal et législatif organisé ce dimanche 11 janvier 2026, la Commission béninoise des droits de l’homme (CBDH) a présenté ses premières conclusions sur le déroulement des opérations de vote. Présente sur l’ensemble du territoire national, l’institution a activé dès l’aube son dispositif de veille électorale afin d’apprécier le respect des droits humains tout au long du processus.

Selon son président, le professeur Abou-Bakari Imorou, la Commission a mis en service une salle de situation électorale chargée de centraliser, en temps réel, les informations transmises par ses délégués communaux et ses moniteurs déployés dans les départements. Cette organisation vise à détecter rapidement toute atteinte aux droits fondamentaux, notamment le droit de vote et l’accessibilité du scrutin pour les personnes en situation de handicap.
Les premières données collectées font état de dysfonctionnements liés principalement à l’ouverture des bureaux de vote. Alors que la législation fixe une heure précise pour le démarrage des opérations, plusieurs postes de vote ont enregistré des retards, et certains n’étaient toujours pas fonctionnels au moment des premières observations, aussi bien à Cotonou que dans certaines zones de l’intérieur du pays.
Pour la CBDH, ces retards constituent un enjeu sensible en matière de droits civiques. Le professeur Imorou rappelle que toute ouverture tardive est susceptible de porter atteinte au droit de participation des électeurs. Les causes identifiées concernent principalement l’indisponibilité du matériel électoral dans certaines localités ainsi que l’absence de membres clés des bureaux de vote, en particulier des présidents. Sur le plan sécuritaire, la Commission se veut toutefois rassurante : aucun acte de violence ni incident grave n’a été signalé dans les premières heures du scrutin, laissant entrevoir un climat globalement calme et propice à un vote pacifique.
Au chapitre des points encourageants, la CBDH souligne les efforts constatés en matière d’inclusion. Plusieurs témoignages et observations font état de personnes âgées et de citoyens vivant avec un handicap accompagnés et assistés pour accomplir leur devoir civique, avec le soutien des populations locales et des observateurs. Sur le plan institutionnel, la Commission indique travailler en synergie avec la Commission électorale nationale autonome (CENA), qui a mobilisé plusieurs structures pour l’observation du scrutin. Ce partenariat est complété par la collaboration avec les organisations de la société civile, permettant de couvrir les zones où la Commission n’est pas directement présente.
En dépit des retards relevés à l’ouverture des bureaux, la CBDH adopte une position mesurée. Les premiers retours de terrain, selon son président, permettent de constater que le processus électoral a débuté dans un climat de sérénité. L’institution attend néanmoins la clôture de la journée électorale pour établir un bilan exhaustif et rendre public un rapport détaillé sur le respect des droits humains durant l’ensemble du scrutin.

Commentaires