Romuald Wadagni reçu avec les honneurs à Bamako par le Général Assimi Goïta
La tournée diplomatique régionale du nouveau chef de l’État béninois se poursuit activement au sein de l’espace sahélien. Le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, a effectué ce mardi 9 juin 2026 une visite d’amitié et de travail à Bamako, la capitale malienne. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du renforcement des axes de coopération bilatérale et du dialogue politique entre les deux nations ouest-africaines. Dès sa descente d’avion à l’aéroport international Modibo Keïta à 13h45, le dirigeant béninois a été chaleureusement accueilli au bas de la passerelle par le Président de la Transition du Mali, le Général d’armée Assimi Goïta.

SOMMAIRE

Le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, a été reçu ce mardi 9 juin 2026 à Bamako par le président de la Transition du Mali, le général d’armée Assimi Goïta, chef de l’État. Cette visite d’amitié et de travail marque une nouvelle étape dans l’offensive diplomatique engagée par le nouveau président béninois depuis son arrivée au pouvoir.
À sa descente d’avion à 13h45, Romuald Wadagni a été accueilli au bas de la passerelle par son homologue malien, avec les honneurs dus à son rang. La cérémonie d’accueil a été marquée par l’exécution des hymnes nationaux des deux pays, la salutation des corps constitués ainsi que celle des Béninois résidant au Mali.
Après un premier tête-à-tête au pavillon présidentiel, les deux chefs d’État se sont rendus au Palais de Koulouba pour la suite des travaux inscrits au programme de cette visite de quelques heures. Les échanges devraient porter sur le renforcement de la coopération bilatérale, la sécurité régionale et la relance du dialogue politique entre Cotonou et les pays de l’Alliance des États du Sahel.
Une étape importante dans la tournée régionale de Wadagni
Cette visite à Bamako intervient dans le prolongement d’une série de déplacements diplomatiques entrepris par Romuald Wadagni moins de trois semaines après son investiture, le 24 mai 2026. Le nouveau président béninois a déjà effectué des visites de travail au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire, avant cette nouvelle séquence comprenant notamment le Mali.
Le déplacement au Mali revêt une portée particulière. Bamako est l’un des trois pôles de l’Alliance des États du Sahel, aux côtés de Niamey et Ouagadougou. Depuis plusieurs semaines, Romuald Wadagni affiche sa volonté de normaliser les relations du Bénin avec les pays sahéliens voisins ou proches, dans un contexte régional marqué par les tensions politiques, les défis sécuritaires et les recompositions diplomatiques.
Déjà pendant son discours d’investiture, le chef de l’État béninois avait insisté sur la nécessité d’une coopération plus étroite avec les pays confrontés aux mêmes menaces sécuritaires, notamment le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Cette orientation répond à une réalité géographique et sécuritaire : le nord du Bénin subit depuis plusieurs années les contrecoups de l’instabilité sahélienne et des attaques de groupes armés opérant dans les zones frontalières.
Le Mali, acteur central de l’AES
À Bamako, Romuald Wadagni rencontre un interlocuteur central dans la recomposition politique du Sahel. Assimi Goïta, arrivé au pouvoir à la suite des coups d’État de 2020 et 2021, dirige la Transition malienne et occupe une place majeure dans l’architecture de l’Alliance des États du Sahel. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la CEDEAO et renforcé leur coopération politique, militaire et diplomatique dans le cadre de cette confédération sahélienne.
Pour Cotonou, reprendre langue avec Bamako n’est donc pas un simple geste protocolaire. Il s’agit d’un mouvement stratégique dans un environnement régional où les canaux classiques de coopération ont été fragilisés. Le Bénin, pays côtier directement exposé aux menaces venant du Sahel, a intérêt à maintenir des passerelles avec les capitales sahéliennes, y compris lorsque les positions politiques divergent.
La présence de délégations de haut niveau du Mali, du Burkina Faso et du Niger à l’investiture de Romuald Wadagni avait déjà été interprétée comme un signal d’ouverture. Le Mali avait notamment réaffirmé, à cette occasion, sa volonté de renforcer la coopération bilatérale avec le Bénin.
Sécurité, diplomatie et coopération au menu
Même si le détail des discussions n’a pas encore été rendu public, plusieurs sujets devraient structurer les échanges entre Romuald Wadagni et Assimi Goïta. La sécurité régionale figure naturellement au premier rang. Le Bénin, le Mali et les autres pays de la sous-région font face à des menaces transfrontalières qui ne peuvent être contenues durablement sans coordination entre États.
La coopération économique et humaine constitue un autre axe important. Des ressortissants béninois vivent et travaillent au Mali, tandis que les échanges entre les deux pays s’inscrivent dans une histoire régionale plus large, faite de mobilités, de commerce et de liens communautaires. La salutation des Béninois résidant au Mali lors de l’accueil du président béninois à Bamako souligne cette dimension humaine de la relation bilatérale.
Pour Romuald Wadagni, cette visite permet aussi d’incarner une diplomatie de proximité. Après une première sortie officielle au Nigeria, premier partenaire commercial et voisin stratégique du Bénin, le chef de l’État cherche à élargir son dialogue régional aux pays de l’hinterland et aux capitales sahéliennes. Cette démarche traduit une volonté de repositionner Cotonou comme un acteur de dialogue dans une Afrique de l’Ouest divisée entre pays membres de la CEDEAO et États regroupés au sein de l’AES.
Un signal d’apaisement entre Cotonou et le Sahel
La visite de Bamako peut être lue comme un signal d’apaisement. Depuis les crises politiques ouvertes au Niger, au Mali et au Burkina Faso, les relations entre certains pays côtiers et les régimes sahéliens ont connu des crispations. Le Bénin a notamment été concerné par les tensions avec le Niger, sur fond de fermeture de frontières, de désaccords diplomatiques et d’enjeux économiques liés au transit et au pétrole nigérien.
En se rendant successivement dans plusieurs capitales de la sous-région, Romuald Wadagni tente de replacer le dialogue au centre de la relation. La méthode contraste avec les périodes de tension qui ont marqué les dernières années. Elle vise à privilégier les contacts directs entre chefs d’État et à restaurer des mécanismes de confiance.
À Bamako, l’accueil réservé au président béninois par Assimi Goïta donne à cette démarche une portée symbolique. L’image des deux dirigeants côte à côte, après les honneurs militaires et le tête-à-tête présidentiel, traduit la volonté d’ouvrir une nouvelle séquence diplomatique.
Reste à voir si cette visite débouchera sur des engagements concrets. Pour Cotonou comme pour Bamako, l’enjeu dépasse la seule relation bilatérale. Il touche à la stabilité de l’Afrique de l’Ouest, à la coordination sécuritaire et à la capacité des États de la région à maintenir le dialogue malgré les fractures institutionnelles et géopolitiques.


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