Démission de Hounkpè de la FCBE : le soupçon d’un départ négocié plane toujours
Deux mois après une démission qui a pris de court jusqu’à ses plus proches collaborateurs, Paul Hounkpè reste une énigme au sein de la FCBE. Alors que des rumeurs persistent sur un possible positionnement institutionnel qui aurait motivé son départ, la direction du parti s’efforce de démentir tout en avouant ne pas comprendre elle-même les véritables raisons de sa démission.


La direction du parti assure n’avoir rien vu venir. Mais les non-dits autour d’un éventuel positionnement institutionnel continuent d’alimenter les spéculations. Le 28 avril 2026, quelques jours seulement après la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle du 12 avril par la Cour constitutionnelle, Paul Hounkpè remettait sa démission de la tête de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE). Une décision prise en silence, sans concertation, et qui, deux mois plus tard, continue d’alimenter les interrogations.
Le Bureau politique du parti avait rapidement exprimé sa « consternation » et ses « regrets », jugeant cette démission survenue « sans justification pertinente » d’autant plus « incompréhensible » qu’elle intervenait à un moment important pour la formation politique. Invité sur le plateau d’E-Télé le dimanche 21 juin 2026, El-Farouk Soumanou, 2e secrétaire exécutif national adjoint de la FCBE, n’a pas dissipé le flou. « Nous sommes ses adjoints, il ne nous a pas concertés, il ne nous a pas laissé entrevoir cela », a-t-il déclaré.
Une confidence qui laisse comprendre que même l’entourage le plus proche de Hounkpè n’a pas été associé à cette décision. « Jusqu’aujourd’hui, nous cherchons toujours à comprendre le fond de sa pensée », a confié le 2e SEN adjoint.
C’est dans ce vide explicatif que prospère la principale rumeur : Hounkpè aurait négocié, en coulisses, un poste au sein des institutions avant de quitter la FCBE. Dans sa lettre de démission, l’ancien leader avait lui-même laissé une formule ambiguë, écrivant vouloir « réfléchir par rapport à ce à quoi je serai utile au groupe et à la nation », une tournure qui, à la lumière des spéculations, prend une résonance particulière.
Interrogé directement sur le sujet, Soumanou a écarté la thèse. « S’il bénéficiait d’un tel positionnement en dehors du parti, ça poserait forcément un problème », a t-il affirmé. En attendant, Hounkpè n’a pas disparu du paysage partisan. Il reste membre de la FCBE et a été désigné par le Conseil national pour présider le comité chargé de la mise en œuvre des accords de gouvernance, conclus dans le cadre du ralliement du parti à la mouvance présidentielle.
Un positionnement interne qui lui conserve une influence, mais qui n’apaise pas les questions sur ses ambitions extérieures. Par ailleurs, c’est désormais Garba Yaya, ancien porte-parole et ex-maire de Bembèrèkè, qui assure l’intérim à la tête du parti, dans l’attente d’un congrès dont la date n’a pas encore été officiellement fixée.



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