Crise du détroit d’Ormuz : à l’ONU la Russie et la Chine opposent leur droit de véto
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est retrouvé dans l’impasse La Russie et la Chine ont opposé leur veto à une résolution visant à rétablir la libre circulation maritime dans cette zone stratégique, empêchant ainsi toute action concertée de la communauté internationale ce mardi 7 avril 2026 face à la crise du détroit d’Ormuz.

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Le texte, soutenu par une majorité des membres du Conseil, n’a pas franchi l’étape décisive. Sur les quinze pays, onze ont voté en faveur, tandis que Moscou et Pékin s’y sont opposés, avec deux abstentions. (i24NEWS)
Initialement portée par Bahreïn, la résolution ambitionnait de garantir la sécurité de navigation dans le détroit d’Ormuz, un passage clé pour le transport mondial d’hydrocarbures. Dans sa version initiale, elle prévoyait même la possibilité d’utiliser « tous les moyens nécessaires », une formulation qui ouvre la voie à une intervention militaire.
Face aux réticences de plusieurs puissances, notamment la Russie, la Chine et la France, le texte a été largement remanié. Sa version finale se limitait à encourager des mesures défensives, comme l’escorte des navires commerciaux, sans mention explicite du recours à la force. (i24NEWS)
Malgré ces concessions, Moscou et Pékin ont maintenu leur opposition, estimant que le projet restait déséquilibré et inadapté à la situation.
Un contexte de tensions extrêmes
Ce blocage intervient dans un climat particulièrement tendu au Moyen-Orient. Depuis plusieurs semaines, le détroit d’Ormuz est fortement perturbé, voire quasi paralysé, en raison des affrontements entre l’Iran et ses adversaires.
Cette voie maritime stratégique assure habituellement le transit d’environ 20 % du pétrole mondial. Sa fermeture partielle a déjà provoqué une flambée des prix de l’énergie et fait peser de lourdes menaces sur le pétrole mondial.
Le veto russe et chinois illustre une nouvelle fois les fractures géopolitiques au sein du Conseil de sécurité. Alors que les États-Unis et plusieurs pays du Golfe plaident pour une action ferme afin de sécuriser la zone, Moscou et Pékin privilégient une approche plus prudente, refusant toute résolution pouvant ouvrir la voie à une escalade militaire.
Les pays du Golfe ont d’ailleurs dénoncé un « mauvais signal », estimant que l’inaction de l’ONU fragilise la sécurité des routes maritimes internationales.
En réaction, la Russie et la Chine ont annoncé leur intention de proposer un projet de résolution alternatif, sans en préciser pour l’instant le calendrier. Cette initiative pourrait relancer les discussions, même si les divergences entre grandes puissances restent profondes.



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