Côte d’Ivoire : révision du calendrier et des paiements dans la filière cacao
En pleine crise du marché, la filière cacao ivoirienne entame une série de réaménagements annoncés par le Conseil du café‑cacao : modification du calendrier de commercialisation, obligation de présentation de la carte de producteur lors des paiements et ajustements des mécanismes de versement aux planteurs. Ces mesures visent, selon les autorités, à renforcer la transparence des transactions et la fiabilité des paiements dans un contexte marqué par une forte contestation du prix garanti au kilo.

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Les responsables du secteur expliquent que ces changements répondent à des dysfonctionnements récurrents : retards de paiement, pratiques informelles et signalements de fraude. Le Conseil du café‑cacao a ainsi formalisé des règles opérationnelles destinées à clarifier les relations contractuelles entre acheteurs, coopératives et producteurs individuels.
Parmi les décisions rendues publiques figurent le réajustement des périodes commerciales et la condition d’identification des bénéficiaires aux fins de règlement. Le calendrier de commercialisation a été structuré en deux campagnes : une campagne principale qui débute désormais le 1er septembre pour s’achever fin février, et une campagne intermédiaire couvrant la période de mars à août. Les paiements aux planteurs sont subordonnés à la présentation d’une carte de producteur, présentée comme un outil de vérification des bénéficiaires.
Modalités pratiques, appui de l’État et tensions autour du prix
Les autorités affirment que l’obligation de la carte et le nouveau calendrier doivent permettre de réduire les circuits parallèles et d’assurer que les revenus parviennent aux propriétaires légitimes des récoltes. Des responsables de la filière ont indiqué que des contrôles seraient renforcés aux points d’achat pour vérifier l’authenticité des pièces d’identité fournies par les vendeurs.
Ces mesures interviennent alors qu’un conflit oppose producteurs et gouvernement sur le prix garanti du cacao. Le prix officiel a été révisé à la baisse, passant de 2 800 FCFA par kilogramme à 1 200 FCFA, décision rejetée par une large partie des organisations de producteurs. Le syndicat a contesté cette réduction et a réclamé des explications sur les modalités de fixation du nouveau tarif.
Pour tenter d’apaiser les tensions, l’État a annoncé un plan de soutien comprenant l’achat de 100 000 tonnes de cacao — évaluées à environ 240 millions de FCFA selon les chiffres publiés — ainsi qu’une subvention exceptionnelle d’un montant de 231 milliards de FCFA. Le gouvernement présente ces mesures comme des dispositifs temporaires destinés à stabiliser le marché intérieur.
Face à ces annonces, le syndicat des producteurs a déclaré qu’il refusait le transfert des sacs de cacao vers Abidjan tant que les autorités n’apporteraient pas de clarifications sur le prix de rachat du stock. Dans ses communications, le ministère de l’Agriculture a expliqué que la révision du prix s’inscrivait dans la logique de l’évolution des cours mondiaux et résultait de contraintes imposées par la conjoncture internationale



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