Côte d’Ivoire : le FPI demande l’ouverture d’une enquête judiciaire sur l’affaire Epstein

Le Front populaire ivoirien (FPI) a exigé l’ouverture d’une enquête judiciaire après la publication des derniers documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein, dans lesquels apparaît le nom d’une proche de la présidence ivoirienne. Le parti d’opposition juge les révélations suffisamment graves pour qu’elles nécessitent une action des magistrats.

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Pascal Affi N'Guessan
Pascal Affi N'Guessan, président du FPI
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Selon les pièces rendues publiques, Nina Keïta — identifiée comme la nièce du chef de l’État — aurait joué un rôle d’intermédiaire entre le financier américain et certains milieux politiques et économiques d’Abidjan, en facilitant notamment le séjour d’Epstein dans la capitale ivoirienne et des rencontres avec des membres de l’exécutif. Ces éléments figurent dans les fichiers diffusés par la justice américaine.

Le FPI alerte sur la possibilité que des victimes mineures se trouvent sur le territoire national et souligne que l’absence de poursuites ou d’enquête par les autorités judiciaires pourrait être perçue comme une forme de complaisance ou de déni. Le parti a rendu public un communiqué appelant à des investigations transparentes et rapides.

Ces révélations s’inscrivent dans la vaste mise à disposition de documents judiciaires organisée par les autorités américaines, qui a permis à la presse et à des organisations de droits de l’homme de recouper des échanges et des rendez‑vous impliquant Epstein et plusieurs personnalités étrangères. Des voix civiles demandent qu’une procédure impartiale soit menée en Côte d’Ivoire pour vérifier les allégations sans céder aux rumeurs.

Les faits signalés et les demandes politiques

Parmi les éléments rapportés figurent des correspondances et des comptes rendus de déplacements : en 2012, Epstein aurait été invité à Abidjan et logé dans une suite de haut standing, où il aurait été présenté à des responsables ivoiriens. Les documents montrent aussi des échanges au sujet de jeunes femmes mises en relation pour des rencontres à l’étranger, selon les enquêtes journalistiques menées après la diffusion des fichiers.

Face à ces publications, le FPI réclame non seulement l’ouverture d’une enquête judiciaire mais aussi des mesures conservatoires pour empêcher toute entrave à la manifestation de la vérité, y compris la mise à l’écart des fonctions publiques de personnes citées dans les dossiers le temps des vérifications. Les organisations de défense des droits appellent de leur côté à une procédure rigoureuse respectueuse des droits des victimes et des mis en cause.

À ce stade, et alors que la médiatisation du dossier s’intensifie, ni la principale intéressée ni le palais présidentiel n’ont, selon les journalistes qui ont consulté les documents, fait de déclaration étayée pour éclaircir la nature exacte des liens évoqués dans les fichiers publiés. Les demandes d’éclaircissements du FPI ouvrent une nouvelle séquence politique qui risque de peser sur le débat public dans les jours à venir.

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