Bénin : Sèmè City et Sorbonne Université scellent un partenariat autour de l’IA et des matériaux
Le Sèmè City Institute of Technology and Innovation et Sorbonne Université ont officialisé à Cotonou une convention-cadre de coopération internationale autour des sciences des matériaux, de l’intelligence artificielle et du management de l’innovation. Cette signature consolide un partenariat engagé depuis 2021 et confirme l’ambition du Bénin de faire de Sèmè City un pôle académique et technologique régional.

SOMMAIRE

Le Sèmè City Institute of Technology and Innovation (SCITI) et Sorbonne Université ont signé une convention-cadre de coopération internationale en présence de deux membres du gouvernement Wadagni et de l’ambassadrice de France au Bénin, Nadège Chouat. La cérémonie, qui s’est tenue à Cotonou, entérine sur le plan institutionnel une collaboration active depuis 2021 et l’élève à un niveau de formalisation entre l’institution académique de Sèmè City et l’une des premières universités mondiales.
La présence de Sèdami Mèdégan Fagla, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et de Mahuna Akplogan, ministre de la Transformation digitale et de l’Innovation chargé de la stratégie nationale d’intelligence artificielle, aux côtés de Lionel Zinsou, président de la Fondation Sèmè City, de Claude Borna, directrice générale de l’Agence de développement Sèmè City, de Thierry d’Almeida, directeur général de SCITI, et de Nathalie Drach-Temam, présidente de Sorbonne Université, illustre l’ancrage politique et institutionnel de la démarche.
La convention vient consolider un partenariat engagé le 16 juillet 2021 entre Sorbonne Université et l’Agence de développement de Sèmè City. Elle porte sur trois axes : les sciences des matériaux, l’intelligence artificielle et le management de l’innovation. En cinq ans, la collaboration a déjà produit des formations diplômantes, quatre éditions d’une école d’été consacrée aux matériaux du futur, et un programme de formation continue en IA destiné aux professionnels du secteur financier.
Ce que SCITI est, et ce que la convention consolide
SCITI est l’institution académique de Sèmè City, le hub d’innovation lancé en 2017 par le gouvernement béninois sous Patrice Talon sur un site de 27 hectares à Cotonou. Il est distinct de l’Agence de développement de Sèmè City (ADSC), qui est la structure de gouvernance. Mahuna Akplogan, le ministre signataire, y avait lui-même travaillé avant sa nomination en mai 2026, ce qui lui confère une connaissance directe des enjeux du partenariat.
La nouvelle convention n’est pas la reconduction de celle de 2021 – elle est plus précise dans son périmètre et plus directement adossée à SCITI comme entité académique à part entière, dotée depuis 2024 d’un directeur général identifié en la personne de Thierry d’Almeida. Le 10 février 2026, Drach-Temam et Zinsou avaient tenu une séance de travail à Paris, en présence d’Almeida et de Guillaume Fiquet, membre de la gouvernance Sorbonne chargé des relations internationales, pour définir les nouvelles perspectives du partenariat.
Sur le plan opérationnel, la cinquième édition de la Summer School Sorbonne-Sèmè City – consacrée à l’étude des ressources localement disponibles pour construire les matériaux du futur – se tiendra du 29 juin au 10 juillet 2026 à Sèmè One à Cotonou, en partenariat également avec l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Elle s’adresse aux étudiants en master, aux doctorants, aux post-doctorants et aux enseignants-chercheurs en sciences des matériaux, de l’Afrique et d’ailleurs.
Une coopération qui s’inscrit dans un contexte géopolitique
La présence de l’ambassadrice de France Nadège Chouat à la cérémonie de signature n’est pas anodine. La convention SCITI-Sorbonne est portée par l’ambassade de France dans le cadre de son soutien aux partenariats de coopération scientifique. Elle intervient dans un contexte où les relations entre la France et le Bénin traversent une période de repositionnement sous le gouvernement Wadagni, dont la tournée diplomatique inaugurale a placé les voisins sahéliens – dont certains ont expulsé la France de leur territoire – en tête de l’agenda régional.
La coopération universitaire franco-béninoise constitue, dans ce contexte, un levier que Paris entend maintenir actif indépendamment des turbulences géopolitiques. La Sorbonne, en s’ancrant à Sèmè City depuis 2021, a fait le pari que le Bénin deviendrait un hub académique régional – un pari que la signature de la convention-cadre avec SCITI conforte, sous la présidence d’un chef de l’État dont le ministre de la Transformation digitale est précisément un ancien acteur de cet écosystème.


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