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Services publics : le Bénin veut mettre fin aux documents réclamés plusieurs fois

Le Bénin a lancé l’élaboration de sa feuille de route nationale consacrée aux infrastructures publiques numériques. Le futur cadre doit permettre de renforcer l’identité numérique, les paiements électroniques et l’échange sécurisé de données entre les administrations, afin de simplifier l’accès des citoyens aux services publics.

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Mahouna Akplogan : le ministre qui veut mettre l’IA au service des Béninois
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SOMMAIRE

Le Bénin veut accélérer la mise en place de services publics numériques interconnectés. Un atelier consacré à l’élaboration de la feuille de route nationale des infrastructures publiques numériques s’est tenu le jeudi 16 juillet 2026 à Cotonou.

Organisée par l’Agence des Systèmes d’information et du Numérique, en partenariat avec DIAL et plusieurs acteurs de l’écosystème, la rencontre doit poser les bases d’un cadre national de gouvernance et d’action. Les travaux portent notamment sur trois composantes : l’identité numérique, les systèmes de paiement et l’échange sécurisé des données.

L’objectif est d’aligner les différentes parties prenantes sur les orientations stratégiques du projet, de préciser les responsabilités de chaque acteur et de lancer officiellement le processus devant conduire à l’adoption de la feuille de route.

Cette initiative doit permettre au Bénin de mieux organiser les systèmes numériques communs utilisés par l’administration, les citoyens et les entreprises. Contrairement aux infrastructures de télécommunications classiques, les infrastructures publiques numériques reposent sur des plateformes et des mécanismes partagés permettant de vérifier une identité, d’effectuer un paiement ou d’échanger des informations entre plusieurs services.

L’ASIN définit ces infrastructures comme des systèmes capables de sécuriser les interactions entre les administrations, les populations et le secteur privé, tout en améliorant la fourniture des services publics. Le pays dispose déjà de plusieurs composantes, dont un programme d’identité numérique biométrique, des systèmes de paiement interopérables et le portail national des services publics.

Éviter aux citoyens de fournir plusieurs fois les mêmes documents

L’une des principales orientations de la future feuille de route repose sur le principe dit du « Once Only ». Celui-ci prévoit qu’une information déjà détenue ou produite par une administration ne soit plus réclamée une nouvelle fois au citoyen par un autre service public.

Dans la pratique, une personne sollicitant un passeport, un acte administratif ou une prestation publique pourrait être identifiée à partir de son numéro personnel d’identification. Les administrations autorisées accéderaient directement aux informations nécessaires, sans obliger l’usager à présenter de nouveau des documents déjà disponibles dans les bases de données de l’État.

Pour Marc-André Loko, directeur général de l’ASIN, la transformation numérique doit d’abord se traduire par une simplification des démarches. La future organisation doit notamment mettre fin aux situations dans lesquelles une administration demande au citoyen de lui fournir un acte précédemment délivré par l’État.

La mise en œuvre de ce principe suppose toutefois une interconnexion plus poussée des systèmes publics. Elle nécessite également des mécanismes de gouvernance définissant les conditions d’accès aux données, les responsabilités des institutions et les garanties relatives à la sécurité ainsi qu’à la protection des informations personnelles.

L’atelier a réuni des représentants des banques, des établissements de microfinance, des compagnies d’assurance, des opérateurs de téléphonie mobile, de la société civile et des partenaires internationaux. Cette diversité doit permettre d’intégrer les besoins des secteurs public et privé dans la préparation de la feuille de route.

Le chantier s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’administration. L’ASIN pilote déjà des projets portant sur la transformation numérique des collectivités locales, l’extension de l’Internet haut et très haut débit ainsi que la deuxième phase du programme Smart Gouv.

En mai 2026, le Bénin a également rejoint la campagne internationale « 50-in-5 », qui vise à accompagner 50 pays dans le développement et la mise à l’échelle d’infrastructures publiques numériques en cinq ans. Lancée en 2023, cette initiative soutient la construction de systèmes sécurisés, inclusifs et interopérables dans des domaines comme la santé, l’éducation, l’agriculture et la protection sociale.

La feuille de route en préparation devra désormais déterminer les projets prioritaires, les responsabilités institutionnelles, les modalités de financement et le calendrier de déploiement des différentes composantes de l’infrastructure publique numérique béninoise.

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