Bénin: rencontre stratégique entre l’ARREC, la Cour de Justice de la CEDEAO, le WAPP et des ministres
Sur invitation de l’ARREC, le président de la Cour de Justice de la CEDEAO, Ricardo Cláudio Monteiro Gonçalves, a effectué une visite de travail à Cotonou dans l’après midi du 9 et le 10 mars 2026. Au cours de cette mission, il a rencontré les représentants de l’Autorité Régionale de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARREC), du West African Power Pool (WAPP), ainsi que les ministres béninois de l’Énergie, José Didier Tonato, de la Justice et de la Législation, Yvon Detchenou, et des Affaires étrangères et de la Coopération, Shegun Bakari.
Cette rencontre visait à renforcer le dialogue institutionnel et juridique autour du marché régional de l’électricité en Afrique de l’Ouest, et à permettre à la Cour de mieux comprendre le fonctionnement opérationnel du Centre d’Information et de Coordination (CIC) du WAPP, véritable « tour de contrôle » des flux énergétiques régionaux.
C’était donc l’occasion pour le président de l’ARREC, Laurent Tossou, de rappeler l’engagement de toutes les parties pour soutenir les réformes du marché régional de l’électricité. « Le marché régional de l’électricité est un outil formidable d’intégration et de développement. Nous mettons tout en œuvre pour que les populations bénéficient d’un accès fiable et durable à l’électricité », a-t-il affirmé.

Il a aussi plaidé pour que la Cour de Justice de la CEDEAO, le Parlement régional et l’Autorité de la Concurrence de la CEDEAO accompagnent le processus afin de garantir la légalité et la transparence des opérations.
Pour sa part, le ministre de l’Énergie, José Didier Tonato, a insisté sur l’importance stratégique du secteur. « L’électricité est essentielle pour le développement. Le Bénin entend renforcer sa souveraineté énergétique tout en collaborant avec ses voisins. L’intégration régionale est un levier central pour le développement économique », a-t-il déclaré.
Le secrétaire général du WAPP, Abdoulaye Dia, a présenté les avancées du système électrique ouest-africain et les perspectives de développement. « Le WAPP supervise la construction et l’exploitation des réseaux électriques régionaux et veille à la synchronisation des systèmes entre les pays. Nous préparons la mise en place d’un marché compétitif où l’énergie pourra être achetée et vendue via un système optimisé garantissant transparence et sécurité », a-t-il expliqué.


Il a également rappelé les programmes de renforcement des capacités et de promotion de la participation des femmes dans le secteur de l’énergie, ainsi que les initiatives scientifiques et techniques pour assurer la fiabilité des infrastructures. « Il nous reste le segment qui relie le Nigeria et la moitié du Bénin. Depuis 2005, nous tentons cette interconnexion. Le 8 novembre dernier, un test de quatre heures a été réussi. Après les élections au Bénin, nous prévoyons un test de 48 heures et, d’ici fin juin, une synchronisation permanente », a-t-il précisé.
Ousmane Diallo, représentant la Cour de Justice de la CEDEAO, est revenu sur le rôle de l’institution dans ce dispositif régional. « La Cour n’est pas là pour concurrencer le WAPP ou l’ARREC, mais pour garantir que le marché fonctionne selon les règles et en harmonie avec l’architecture juridique de la CEDEAO. Cette intervention vise également à rassurer les investisseurs et à soutenir le développement d’un marché compétitif et sécurisé », a-t-il confié.
Cette rencontre à Cotonou marque ainsi une étape clé dans la consolidation du marché régional de l’électricité en Afrique de l’Ouest, alliant coopération technique, cadre juridique et engagement politique des États membres.



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