Amnesty International demande l’arrêt du rétablissement de la peine de mort au Burkina Faso
Le gouvernement burkinabè a adopté, le 4 décembre 2025 en Conseil des ministres, un projet de réforme du Code pénal réintroduisant la peine de mort pour des infractions jugées « graves » — notamment la haute trahison, le terrorisme et l’espionnage — une décision vivement dénoncée par Amnesty International qui demande l’arrêt immédiat de cette démarche. ([amnesty.org](https://www.amnesty.org/en/latest/news/2025/12/burkina-faso-death-penalty/?utm_source=openai))

SOMMAIRE
Dans un communiqué, Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qualifie la peine capitale de « châtiment cruel, inhumain et dégradant » et met en garde contre son utilisation potentielle comme instrument répressif à l’encontre des populations les plus vulnérables et des détracteurs politiques. L’organisation rappelle son opposition totale et inconditionnelle à la peine de mort, quel que soit le crime reproché. ([amnesty.org](https://www.amnesty.org/en/latest/news/2025/12/burkina-faso-death-penalty/?utm_source=openai))
Le texte adopté en Conseil des ministres doit encore être soumis à l’examen de l’Assemblée législative de transition et aux procédures juridictionnelles prévues avant d’entrer en vigueur. La peine de mort avait été retirée du Code pénal burkinabè en 2018 ; la dernière exécution officielle remontant à 1988, selon les archives disponibles. ([apnews.com](https://apnews.com/article/4bc692c9c40ba9b5c077035a5ff0ccae?utm_source=openai))
Réactions nationales et cadre politique
La réintroduction annoncée intervient dans un contexte politique marqué par la prise de pouvoir par une junte militaire en septembre 2022 et une série de mesures de restriction des libertés publiques depuis lors, comprenant la suspension de médias et l’arrestation d’opposants, selon des rapports d’organisations de défense des droits humains. Human Rights Watch et d’autres observateurs internationaux estiment que la mesure risque d’alimenter un climat de peur et d’affaiblir davantage le respect des droits fondamentaux. ([hrw.org](https://www.hrw.org/news/2025/12/08/burkina-faso-junta-restores-death-penalty?utm_source=openai))
Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a justifié l’initiative comme une composante d’une réforme pénale majeure visant, selon lui, à répondre aux attentes de justice d’une population confrontée à une insécurité chronique et aux violences des groupes armés. Sa prise de parole s’est faite notamment via les canaux officiels et son compte Facebook, où il a présenté l’adoption du projet comme une réponse aux « aspirations profondes » des Burkinabè. ([washingtonpost.com](https://www.washingtonpost.com/world/2025/12/05/burkina-faso-death-penalty/7a99f26c-d1d7-11f0-92cb-561ee4e6a771_story.html?utm_source=openai))
Amnesty International relève en parallèle une tendance mondiale où, malgré un recul global de la peine capitale, quelques gouvernements montrent une volonté accrue de rétablir ou d’appliquer de nouveau les exécutions, situation qui inquiète les acteurs des droits humains. Pour l’organisation, la réintroduction au Burkina Faso ferait figure de recul notable par rapport aux engagements internationaux en faveur de l’abolition. ([amnesty.org](https://www.amnesty.org/en/latest/news/2025/12/burkina-faso-death-penalty/?utm_source=openai))
Sur le plan procédural, l’adoption en Conseil des ministres constitue une étape initiale : le projet devra être débattu et voté par l’Assemblée législative de transition, puis soumis aux voies de recours et de contrôle juridique prévues par la législation avant toute application effective. ([apnews.com](https://apnews.com/article/4bc692c9c40ba9b5c077035a5ff0ccae?utm_source=openai))

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