2è édition du Festival Mangal: science, culture et savoirs locaux mobilisés pour préserver le Delta du Mono
Le restaurant Bab’s Dock a accueilli, mardi 22 septembre 2026, le lancement de la deuxième édition du Festival Mangal. Placée sous le thème « Les Gardiens du territoire », la rencontre entend rapprocher chercheurs, artistes, artisans, acteurs touristiques, communautés locales et gestionnaires d’aires protégées autour d’un même enjeu : la préservation du Delta du Mono.

SOMMAIRE
À travers cette deuxième édition, le Festival Mangal change d’échelle. Après une première expérience au Sénégal portée par le Collectif 5 Deltas, l’initiative s’étend désormais au Golfe du Bénin, avec des activités prévues entre Aného, au Togo, et Grand-Popo, au Bénin, du 23 au 27 septembre. L’ambition affichée est de faire de ce rendez-vous un espace durable de dialogue autour des écosystèmes fluvio-marins.
Dans son allocution, Franck Adje, directeur pays d’Ucoopia Bénin, a insisté sur la vocation fédératrice de l’événement. « Le Festival Mangal n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit dans la continuité d’une première édition réalisée au Sénégal, portée par le Collectif 5 Deltas », a-t-il souligné. Pour lui, l’originalité de cette initiative réside surtout dans sa capacité à faire se rencontrer des expertises habituellement éloignées. « Ce qui fait la particularité du Festival Mangal, c’est la manière dont il organise, très concrètement, la rencontre entre des savoirs qui se croisent rarement », a-t-il expliqué.
Cette volonté de décloisonnement concerne aussi bien la recherche scientifique que les savoir-faire locaux, l’artisanat, la gestion des aires protégées ou encore l’action des collectivités. Cinq programmes consacrés notamment à l’éducation, à la science, à l’attractivité territoriale, à la gestion ainsi qu’aux dimensions artistique et culturelle ont accompagné la préparation du festival durant plusieurs mois.
Préserver l’environnement et soutenir les communautés
Pour les organisateurs, la protection de la biodiversité ne peut être dissociée des réalités économiques des populations riveraines. Le festival met ainsi en avant l’agroécologie, le tourisme local et les savoir-faire artisanaux comme autant de leviers susceptibles de créer des opportunités pour les communautés. Cheffe de coopération de l’Ambassade du Luxembourg, Louisa Ben Abdelhafid a insisté sur cette approche. « Cette diversité fait toute la promesse du Festival Mangal : réunir des personnes qui travaillent sur un même territoire, le territoire du Mono, et qui se préoccupent de son avenir, mais qui n’ont pas toujours l’occasion de se rencontrer », a-t-elle déclaré.
Le Luxembourg, principal partenaire financier de cette deuxième édition, accompagne notamment les initiatives liées aux métiers du tourisme. Pour la diplomate, la valorisation du territoire doit permettre aux populations locales de tirer des bénéfices directs de l’activité touristique. « Derrière chacun de ces moments, il y a un savoir-faire. Il y a aussi une formation, un emploi, un revenu et une perspective pour un jeune ou un moins jeune », a-t-elle relevé.
La question environnementale occupe également une place centrale dans les échanges. Représentant du préfet du Couffo, Vital Pativent Adomou a rappelé l’importance de la mangrove dans la protection du littoral. « Elle constitue notre bouclier contre l’érosion côtière », a-t-il affirmé, avant de saluer une initiative qui, selon lui, associe « science, art, culture et engagement communautaire ». L’enjeu est donc de concilier préservation des écosystèmes et amélioration des conditions de vie. « La promotion de l’agroécologie et du tourisme local constitue, pour les jeunes et les femmes, des alternatives durables et donc des sources de revenus », a-t-il poursuivi.
Une dimension transfrontalière assumée
Le caractère transfrontalier du Festival Mangal constitue l’un de ses marqueurs. Les activités prévues entre le Bénin et le Togo doivent permettre de renforcer les échanges entre les acteurs intervenant autour de la réserve de biosphère du Delta du Mono. Pour Louisa Ben Abdelhafid, cette dimension est essentielle. « La préservation de cet écosystème demande aux institutions et aux acteurs locaux de travailler ensemble, de part et d’autre de la frontière », a-t-elle souligné. Les échanges entre gestionnaires d’aires protégées doivent ainsi contribuer à donner une portée concrète à cette coopération.
De son côté, Franck Adje a précisé que le Festival n’a pas vocation à remplacer les projets déjà déployés dans la région. Il entend plutôt les mettre en réseau. « Le Festival ne se substitue à aucun de ces projets. Il joue un rôle fédérateur », a-t-il expliqué. L’objectif est notamment de mutualiser les expériences, de valoriser les résultats et d’accroître la visibilité des différentes initiatives engagées dans le Delta du Mono.
Un programme entre science, culture et tourisme
Après la cérémonie de lancement, le Festival Mangal se poursuit avec une programmation diversifiée. Des conférences transfrontalières sont prévues à Aného, tandis que les journées suivantes seront consacrées aux colloques scientifiques, à une foire économique et à diverses activités artistiques. Des visites touristiques permettront également de partir à la découverte de la réserve de biosphère du Mono. « Vous avez choisi un format ambitieux : faire tenir ensemble la science, la création, l’éducation, l’économie locale et la protection de l’environnement », a relevé la représentante du Luxembourg.
En lançant officiellement cette deuxième édition, Louisa Ben Abdelhafid a invité les participants à profiter de cette diversité pour découvrir de nouvelles pratiques et favoriser les échanges. « Je vous souhaite à tous une belle découverte et des échanges francs et fructueux autour de cette deuxième édition », a-t-elle déclaré avant de proclamer officiellement l’ouverture du Festival Mangal. Jusqu’au 27 septembre, chercheurs, artistes, artisans, gestionnaires d’aires protégées, acteurs institutionnels et communautés sont ainsi appelés à faire du Delta du Mono un espace de dialogue, de transmission et d’action en faveur de la biodiversité et du développement durable.



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