Zimbabwe : Interdiction d’exporter tous les minerais bruts, y compris le lithium

Le 25 février 2026, les autorités zimbabwéennes ont annoncé l’interdiction immédiate de l’exportation de minerais à l’état brut. Cette décision vise à renforcer la mainmise de l’État sur des ressources jugées stratégiques pour la transition vers des énergies moins carbonées.

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Le Zimbabwe interdit l'exportation de tous ses minerais bruts, notamment le lithium
Le Zimbabwe interdit l'exportation de tous ses minerais bruts, notamment le lithium
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Ce n’est pas une première tentative : l’idée d’arrêter les départs de matières premières non transformées avait déjà circulé dans les cercles politiques et économiques du pays. La mesure prend toutefois une dimension particulière au Zimbabwe, identifié comme le premier exportateur de lithium sur le continent africain.

Le gouvernement explique vouloir pousser la transformation locale afin de capter une plus grande part de la valeur ajoutée, stimuler l’emploi et développer des filières industrielles autour des minerais destinés aux technologies propres, notamment les batteries. En privant les marchés internationaux d’approvisionnements bruts, l’exécutif entend aussi mieux contrôler les flux et les revenus issus de l’exploitation minière.

Sur le terrain, la décision soulève déjà des interrogations : opérateurs miniers, acheteurs étrangers et investisseurs suivent de près les modalités d’application, qui détermineront l’ampleur des perturbations possibles pour les chaînes d’approvisionnement et les prix.

Enjeux économiques, techniques et diplomatiques

Transformer sur place implique des investissements lourds en usines, énergie et logistique. Or, les capacités de raffinage et de transformation du pays restent limitées, ce qui pose la question du calendrier et des moyens mis en œuvre pour éviter un effondrement temporaire des recettes d’exportation.

Les entreprises minières pourraient se retrouver devant des coûts supplémentaires et des exigences réglementaires nouvelles. Certaines pourraient transférer leurs approvisionnements ailleurs ou renégocier leurs contrats, tandis que d’autres verront une opportunité de monter en gamme si l’État accompagne la politique par des incitations et des garanties d’investissement.

Le risque d’augmentation des flux informels et de contrebande figure aussi parmi les défis à gérer : contrôler les frontières et la chaîne logistique nationale demandera des ressources et une coordination renforcée entre autorités locales et services répressifs.

Sur la scène internationale, la décision zimbabwéenne sera observée par les acheteurs de matières premières et par les pays qui cherchent à sécuriser des approvisionnements pour les industries de la transition énergétique. La place du Zimbabwe, en tant que fournisseur important de lithium, lui confère un levier mais expose aussi son économie à des réactions du marché.

Les prochains jours devraient être marqués par des précisions réglementaires de la part du gouvernement et par des réactions formelles des acteurs du secteur. Les discussions entre l’exécutif, les entreprises minières et les partenaires commerciaux détermineront la mise en œuvre concrète de cette interdiction et ses conséquences économiques.

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