Surya Bonaly : « J’étais moins bien payée », la patineuse évoque l’envers du décor
À Milan-Cortina, alors que Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry décrochaient, un an après le début de leur collaboration, leur première médaille d’or olympique en danse sur glace, une autre figure du patinage attire à nouveau l’attention : Surya Bonaly, 52 ans, patineuse d’origine réunionnaise célèbre pour son salto arrière. Dans plusieurs entretiens récents, elle a levé le voile sur l’envers du décor d’un sport « aussi élégant que dur », évoquant salaires, costumes et traitements techniques qui, selon elle, l’ont longtemps pénalisée.

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Le geste qui a façonné sa légende reste son « salto arrière ». Le 20 février 1998, à Nagano, au cœur de son programme libre sur Les Quatre Saisons de Vivaldi, Surya Bonaly exécute un salto arrière et atterrit sur un seul patin. Une prouesse technique qui a marqué les esprits mais qui, à l’époque, était en contradiction avec la réglementation : l’Union internationale de patinage (ISU) avait interdit le backflip depuis 1977. Surya termine dixième de ces Jeux, consciente du geste symbolique qu’elle venait d’accomplir.
Le statut de ce saut a évolué avec le temps. En juin 2024, l’ISU a finalement levé l’interdiction du backflip. Aux Jeux de Milan-Cortina, le jeune Américain Ilia Malinin a exécuté le fameux « saut Bonaly » sous les yeux du public, parmi lequel se trouvait Novak Djokovic, offrant une réconciliation publique de la discipline avec une figure longtemps proscrite.
Moins payée, moins mise en lumière : la championne brise le silence
Dans ses témoignages, Surya Bonaly revient sur les années 1990 où elle multipliait les titres — championne d’Europe, vice-championne du monde, multiple championne de France — tout en subissant des traitements inégaux en spectacle. « J’étais moins bien payée », a-t-elle déclaré. « On me disait : ‘Pour Surya, on ne va pas faire le maximum’. »
Elle évoque des choix de production et de représentation qui la pénalisaient : des robes « moins travaillées », des éclairages plus sombres qui la rendaient « presque invisible » sur la glace. Ces éléments, selon elle, ne relevaient pas du hasard mais d’une manière de la tenir à l’écart d’un univers du patinage très codifié.
Surya Bonaly décrit aussi la place qu’elle occupait dans ce milieu : « J’étais noire, une enfant adoptée et trop différente. » Adoptée et entraînée par sa mère, elle n’a pas toujours correspondu aux standards attendus, malgré un style et une technicité reconnus.
Malgré une carrière couronnée de succès en championnats internationaux, elle n’a jamais remporté de médaille olympique. Installée à Las Vegas et naturalisée américaine depuis 2004, elle a mis fin à sa carrière de compétitrice pour se tourner vers l’entraînement.
Parmi ses récents projets, Surya Bonaly a publié le 28 janvier Le feu sur la glace, une bande dessinée retraçant son parcours, et elle a participé à l’émission Les Apprentis Champions au ski sur W9, où elle coachait des candidats de télé‑réalité.
Aux JO 2026, alors que se déroulent notamment le curling, le biathlon, le ski alpin, le hockey et le patinage de vitesse, le nom et l’histoire de Surya Bonaly continuent d’être évoqués dans les discussions autour du patinage artistique.

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