Surya Bonaly explique que le backflip l’a exposée au risque de paralysie
À 52 ans, Surya Bonaly demeure une référence incontournable du patinage artistique français, symbole d’une esthétique athlétique qui a transformé les codes du sport dans les années 1990. Ancienne championne d’Europe et multiple championne de France, elle est régulièrement évoquée lors des Jeux olympiques d’hiver, notamment depuis la réapparition médiatique de sa figure la plus célèbre, le backflip, longtemps bannie des compétitions et aujourd’hui de nouveau au centre des débats autour de la prise de risque et de la sécurité sur la glace.

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Reconnaissable par son style atypique et sa puissance, Bonaly a imposé une autre manière de patiner, plus explosive et moins conforme aux standards traditionnels de grâce du patinage artistique. Cette singularité lui a valu autant d’admiration que de critiques, mais aussi une place durable dans la mémoire collective des passionnés. Sa maîtrise précoce du backflip — salto arrière spectaculaire — a contribué à forger sa légende et à populariser une figure désormais appelée, dans l’imaginaire des fans, le « Bonaly ».
Le saut, interdit en compétition pendant près d’un demi-siècle, a été réautorisée en 2024, dans un contexte de mutation du patinage vers davantage d’acrobaties et de spectacle. La tentative de salto par l’Américain Ilia Malinin aux Jeux olympiques d’hiver 2026, sans pénalité, a ravivé le débat sur la responsabilité des fédérations, la sécurité des athlètes et la place des éléments acrobatiques dans les programmes techniques.
Un geste culte, un danger réel
Techniquement, le backflip consiste à quitter la glace en arrière, effectuer une rotation complète en l’air et tenter une réception sur une lame, sur une surface dure et glissante. Cette séquence exige une précision extrême : angle de décollage, impulsion, placement du corps en rotation et contrôle de la réception. À chaque étape, le risque d’un déséquilibre ou d’une mauvaise trajectoire peut entraîner des traumatismes graves, en particulier au niveau de la colonne vertébrale.
Surya Bonaly évoque sans détour le prix physique et psychologique de cette figure. Dans un entretien récent, elle a résumé le danger en ces termes : « Avec le backflip, ça passe ou ça casse, on peut se retrouver paraplégique« . Elle rappelle que le mouvement n’est pas un simple effet de spectacle, mais un engagement total du corps qui suppose d’assumer un risque réel à chaque tentative.
Les médecins consultés à propos de ces éléments insistent sur la gravité potentielle des chocs sur la colonne vertébrale lors de réceptions ratées, un point que Bonaly souligne elle-même. Au fil de sa carrière, la répétition du salto, parfois pratiquée dans des conditions jugées insuffisantes, l’a exposée à des situations où une mauvaise réception aurait pu entraîner des conséquences irréversibles.
La patineuse affirme avoir été, à force de répétitions et d’entraînement intense, à deux doigts de se retrouver paralysée.

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