Soudan du Sud : l’ONU rapporte des centaines de milliers de déplacés entre janvier et fin mars 2026
L’Unicef estime à environ 286 000 le nombre de personnes déplacées dans l’État du Jonglei, au nord-est du Soudan du Sud, près de la frontière éthiopienne. Ces populations ont été contraintes d’abandonner leurs villages depuis la reprise des hostilités fin décembre entre forces gouvernementales et groupes d’opposition.

SOMMAIRE

Les personnes affectées sont pour la plupart des femmes et des enfants. Installées à la va-vite sous des arbres, nombre d’entre elles survivent grâce à des racines, des feuilles et des fruits sauvages. Parallèlement, les autorités sanitaires font face à une remontée inquiétante des cas de choléra, qui aggrave encore la précarité des déplacés.
Les agences humanitaires, dont le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), tirent à nouveau la sonnette d’alarme sur l’ampleur des besoins. Depuis le mois de janvier, 26 centres de santé ont été détruits dans la région, privant près de 1,3 million de personnes d’un accès régulier aux soins médicaux.
Sur le terrain, la distribution de l’aide bute sur des contraintes logistiques et sécuritaires : marchés perturbés, corridors d’acheminement fragiles et zones d’abris inaccessibles empêchent une réponse à la hauteur des besoins. Les retours vers les villages d’origine demeurent incertains, même lorsque le niveau des combats paraît baisser.
Accès humanitaire entravé, signaux contrastés
Des organisations non gouvernementales alertent sur des poches de population particulièrement vulnérables. Médecins Sans Frontières signale, par exemple, la situation de quelque 30 000 déplacés réfugiés à Nyatim, dans le comté de Nyirol, où l’assistance peine à parvenir. Selon des bilans recueillis récemment, 58 personnes sont décédées au cours des quatre dernières semaines, certaines en tentant de fuir les combats, d’autres des suites de la faim ou de maladies.
Visite sur le terrain cette semaine, le directeur général adjoint de l’Unicef, Ted Chaiban, a indiqué avoir reçu des engagements du gouvernement sud-soudanais en faveur d’un meilleur accès humanitaire. Pourtant, de nombreux sites d’accueil restent difficiles d’accès pour les équipes d’aide, et la capacité de distribution reste nettement insuffisante face aux besoins immédiats en eau, nourriture, abris et soins.
Les acteurs humanitaires soulignent l’urgence d’étendre les couloirs d’acheminement et de sécuriser les interventions pour éviter une aggravation de la crise, alors que les conditions sanitaires et alimentaires continuent de se dégrader dans plusieurs secteurs du Jonglei.



Commentaires