Sénégal : la rue réclame justice pour les 65 morts des violences politiques de 2021-2024
À Dakar et à Ziguinchor, des rassemblements se sont déroulés samedi 11 avril 2026. Plusieurs collectifs ont pris la rue pour obtenir des comptes sur les violences politiques qui ont marqué la période 2021-2024. Les manifestants dénoncent l’absence de poursuites effectives, malgré les engagements annoncés par les nouvelles autorités.

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Devant une centaine de personnes, Djibril Diaw, porte-parole d’un collectif de familles, a lu une liste de victimes. Selon le décompte d’Amnesty International, 65 personnes ont trouvé la mort lors de ces épisodes de violence.
Pour Seydi Gassama, qui dirige la section sénégalaise d’Amnesty, l’instruction progresse trop lentement. Il rappelle qu’après quelques auditions organisées en octobre au niveau de la section de recherches, aucune avancée notable n’a été constatée et que de nombreux témoins, notamment ceux vivant à Saint-Louis ou à Ziguinchor, n’ont toujours pas été entendus.
Du côté officiel, on évoque des blocages juridiques liés à la loi d’amnistie de 2024 — dont la révision a été rejetée par le Conseil constitutionnel en avril, le conseil précisant par ailleurs que les crimes de sang demeurent imprescriptibles — ainsi que la complexité des dossiers instruits comme explication des retards.
La candidature de Macky Sall à la direction de l’ONU vivement contestée
Parmi les personnes présentes figuraient aussi des blessés et des individus dénonçant des actes de torture présumés, à l’image de Pape Abdoulaye Touré. Ces victimes refusent catégoriquement la possible nomination de l’ancien chef de l’État, Macky Sall, au poste de secrétaire général des Nations unies.
Plusieurs intervenants ont exprimé leur scepticisme : pour eux, si l’État sénégalais ne garantit pas la justice nationale, confier une telle responsabilité internationale à un homme accusé de graves exactions serait incompréhensible et minerait l’espoir placé dans l’ONU.
Les organisateurs disent vouloir poursuivre la mobilisation, au Sénégal et à l’international, et relancer la piste judiciaire à l’échelle internationale en rappelant que des signalements à la Cour pénale internationale ont déjà été déposés en 2023.



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